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Premier contact : Can-An 800 Rénégade
Texte : Olivier / Photos :
constructeur
En attendant un essai complet comme sait vous en faire le
JDQ, j’ai été prendre un rapide contact avec le Renégade, la dernière machine de
chez Can-Am.
Ce nouveau né est le premier gros bicylindre à look sportif
de la marque. Reprenant les ingrédients qui ont fait le succès de l’Outlander
800, il tourne le dos radicalement au look « randonneur », et se pare des
attributs rencontrés normalement sur de toutes autres machines, de plus faible
gabarit et cylindrée. Il n’en reste pas moins un vrai 4x4, avec un pont avant
enclenchable, intégrant le désormais célèbre viscolock cher à BRP.
Si les livraisons ont démarré il y a déjà quelques temps
outre atlantique, nos concessionnaires français ne reçoivent leurs machines
qu’au compte goutte, depuis quelques jours. C’est donc un exemplaire fraîchement
sorti de sa caisse qui nous a été prêté par les établissements Estimat, en
Moselle, sympathique concessionnaire qu’on ne saurait trop recommander aux
aficionados de la marque québécoise.
Précisons
de suite qu’il s’agit d’une machine stock en version full power, qui n’était pas
rodée puisqu’elle ne tournait que depuis quelques jours.
Le premier contact avec la machine est extrêmement
plaisant, et ne dépaysera pas les possesseurs d’Outlander. En effet, sous ce
Renégade se cache en fait un moteur d’Outlander 800, ainsi que son chassis
poutre, sous une belle gueule de sportif. La qualité perçue est au rendez vous,
et on peut noter et citer en vrac : des amortisseurs à gaz, un guidon réglable,
un compteur numérique complet avec régime moteur et vitesse, des phares d’une
étonnante qualité pour des modèles homologués, … la liste serait longue et pour
toutes précisions complémentaires, vous pouvez vous reporter au site du
constructeur. Il n’y a qu’un seul modèle de Renégade, vous ne pouvez pas vous
tromper !
La mise en route se fait immédiatement, magie de
l’injection qui nous fait oublier les ennuis de starter et d’altitude … Dès les
premiers sons émis, le connaisseur identifie sans coup férir le bicylindre de
800 cm3 qui équipe déjà l’Outlander. Avec un pot d’échappement différent sur le
Renégade, le bruit est légèrement plus grave, mais très bien contenu, et bien
inférieur aux modèles de seconde monte pouvant équiper l’Outlander (qui n’auront
d’ailleurs souvent comme effet que d’alléger votre portefeuille, en contrepartie
d’une mise « hors la loi », et de la production de nuisances sonores
importantes.)
La position sur la machine est très plaisante, elle semble
pouvoir correspondre à tous les gabarits. Mon mètre 80 s’y sent à l’aise, à
l’exception peut être de la position debout, ou le guidon semble un poil trop
bas. A ce stade, c’est juste une impression, et cela reste à confirmer. Les
commandes tombent très naturellement sous la main, et l’habitué de chez Can Am
retrouvera la grille de sélection chère à la marque, avec sa position de
parking. Le passage en gamme longue, et le maniement ensuite durant l’essai, du
sélecteur en question, permettent de remarquer sa douceur, qui tranche avec les
séances de « shaking » que connaissent la majorité des propriétaires d’Outlander.
Meilleur réglage, ou modification de la tringlerie, l’avenir le dira sans
doute !
Mais assez parlé, en route ! L’essai va se réaliser en
soirée, sur le terrain privé du concessionnaire qui nous accueille, et qui
comprend quelques parcours de franchissement en forêt, ainsi qu’un beau morceau
de prairie qui devrait permettre aux chevaux de s’exprimer. Seul souci, mais de
taille : le terrain est gras, très gras, extrêmement gras … Cela se confirme dès
la première mise de gaz pour un grand bout droit, qui aura pour effet de me
replâtrer immédiatement de la tête aux pieds, en moins d’une minute !
Si la machine motrice bien (le mode 4 roues motrices étant
ici quasi obligatoire), il n’en reste pas moins qu’il est immédiatement évident
que la protection du pilote est très largement perfectible : la boue est
projetée par les roues avants ET par les roues arrières, les pieds du pilote se
retrouvant immédiatement littéralement enterrés. Dans les mêmes conditions,
certes assez spéciales, l’Outlander aurait sans aucun doute préservé beaucoup
mieux son pilote.
Quelques
allers/retours ponctués de séances de gymkhana vont me permettre de constater
que la machine pousse vraiment fort, et semble extrêmement bien équilibrée. La
mise de gros gaz ne fait pas délester l’avant, qui ne se lève qu’à la demande.
Ce type de comportement est sans doute moins « fun » que celui d’un V-Force qui
a toujours ses roues avant en l’air, par exemple, mais semble être bien plus
efficace. Bien entendu, la glisse est immédiate à la demande, et son contrôle à
l’aide de la puissance quasiment … facile !
C’est certain, il ne s’agit pas d’une machine à mettre
entre les mains d’un débutant, mais pour qui aura un passé déjà conséquent, le
Renégade s’avère très facile à prendre en main, et la puissance très aisément
domesticable.
La suite de l’essai, ou j’irai me frotter au parcours
trialisant, le réalisant à plusieurs reprises, et dans tous les sens, permettra
de constater que le Renegade est vraiment bien né. A basse vitesse, il accepte
d’évoluer sur un filet de gaz, et l’arrivée de la puissance reste maîtrisable
(pour quelqu’un d’aguerri). Sa direction reste relativement légère, pour une
machine de ce poids, et il n’est pas besoin d’avoir des bras de bûcheron une
fois le mode 4x4 enclenché. Un habitué de l’Outlander le trouvera sans doute
comparativement plus facile que sa machine dans les petits virolos serrés :
direction légèrement plus légère, très bon équilibre général, et meilleure
vision des roues avant. Les devers seront avalés sans difficultés, malgré des
pneus qui manquent sans doute de grip latéral dans le très gras. Les grosses
montées ne posent pas de souci, l’équilibre général et la puissance venant
compenser le fait que des pneus boue auraient sans doute été ici plus adaptés.
Pour ce qui est des descentes, elle ne sont que formalités, le formidable frein
moteur permettant à n’importe qui de paraître bon dans l’exercice !
Au chapitre des questions qui restent encore à résoudre
viennent les amortisseurs. Tarés sur la position intermédiaire, ils m’ont semblé
trop durs pour un usage « grande randonnée ». Par contre, cet inconvénient
devient immédiatement un avantage quand le rythme s’accélère, puisque j’ai pu
constater des appuis très francs, et aucun phénomène de pompage.
Le soir arrivant, et la confiance me gagnant, je me suis
essayé à quelques pointes de vitesse sur une piste en terre bien nivelée : ça va
vite, très vite, et j’accrocherai le 95 km/h à trois reprises en 4x4, sur un sol
totalement détrempé, dont les quelques premiers centimètres sont de la boue
collante à souhait. Bien entendu, l’exercice est physique, et nécessite de tenir
fermement la machine, mais reste accessible a n’importe qui possédant
suffisamment d’expérience du quad.
En final, que du bonheur, ce Renégade ? En fait, pas si sur
…
Tout d’abord, paradoxalement, alors que ceux qui le
testeront, venant de machines de type Scrambler, trouveront la puissance
fantastique, celle-ci risque d’apparaître assez décevante aux actuels
possesseurs d’Outlander 800. En effet, si le chronomètre fait effectivement
apparaître une différence entre les deux machines, celle-ci n’est pas flagrante
au guidon. Le bicylindre de 800 cm3 reste bien entendu un moteur d’exception,
coupleux et rageur, au comportement parfois violent, qui n’a pour l’instant pas
d’équivalent. Mais son passage de l’Outlander au Renegade ne s’accompagne pas
d’une montée d’un cran dans la puissance pure ou la sauvagerie. Sur ce point,
ceux qui attendaient beaucoup mieux seront déçus.
Enfin,
on ne peut quand même pas s’empêcher de songer au fait que notre pays, avec ses
chemins étroits et fréquentés aussi par des marcheurs, des cavaliers, des
vététistes, n’est sans doute pas le terrain de prédilection d’une machine
sportive avec de telles capacités. Taillé pour les grands espaces, le Renegade
risque fort de se sentir bien à l’étroit dans notre belle campagne. Quant au
cross ou à l’enduro, son poids, et surtout le fait qu’il n’ait pas été conçu
pour ces disciplines, le limiteront rapidement.
Ceci étant, même si, dans l’absolu, une machine de 500 cc
suffit dans la plupart des cas, il y a un créneau pour les amateurs de grosse
cylindrée, et les défenseurs du « Big is beautiful ». Jusqu’alors, on y trouvait
uniquement des baroudeurs comme les Outlander et autres Sportsman 800. L’offre
s’élargit maintenant avec le Renegade, une machine au look sportif. Gageons que
rapidement, d’autres constructeurs s’engageront également dans cette voie.
PS : L’essai réalisé, avant de remiser la machine dans son
hangar, j’ai été pousser une petite pointe de vitesse sur la route, histoire de
pouvoir répondre à l’inévitable question de la vitesse de pointe. J’ai pu
accrocher sans l’ombre d’un effort la vitesse de 118 km/h stable au compteur,
sur une machine pas encore rodée, avec des vêtements pas ajustés, et sans
prendre de position de recherche de vitesse. Ce petit exercice m’a permis de
constater une aisance absolument insoupçonnable sur l’asphalte : tenue de cap à
haute vitesse, réponse de la direction, sentiment de grande stabilité, j’ai été
littéralement bluffé, moi qui déteste ce type de situation en temps normal.
J’ose à peine imagine ce que cela donnerai avec 4 pneus taillés pour le bitume,
et des voies élargies … Attendons de voir ce qu’en disent nos amis Suisse, qui
avaient déjà plébiscité le DS 650, mais je pense qu’il y a matière à réflexion …
Encore
merci à Pierre Marie VINTER, le boss de chez Estimat, concessionnaire Can-Am
pour la Moselle, pour sa disponibilité, et le prêt de la machine. Pierre Marie
est également organisateur de randonnée en quad, et loueur d’un magnifique parc
d’outlander max 400. Il partage avec nous une certaine conception du respect des
autres et du milieu naturel, nous ne pouvons que vous conseiller de lui rendre
visite si vous habitez à proximité.
www.estimat.com
Renegade 800 -
Fiche Technique
Moteur
- Type :
- 800 cc, 4 temps, 2 cylindres en V, refroidi
par liquide, 4 soupapes, simple arbre à cames en tête
- Alésage et course :
- 91 x 62 mm
- Couple :
- 73 N.m. @ 5500 tr/min (< 15kW, version CE
seulement)
- Carburation/EFI :
- Corps de l'accélérateur de 46 mm, 2
injecteurs Siemens VDO
- Système de démarrage :
- Électrique
- Transmission :
- Changement de vitesses continu (CVC),
soustransmission avec basses et haute vitesses, point mort, marche
arrière et stationnement
- Rouage d'entrainement :
- Sélecteur de mode à 2 ou à 4 roues
motrices, arbre de commande avec différentiel avant (Visco-Lok)
- CO emissions:
- Approuvé EURO 2 (version CE
seulement)
- Echappement:
- Système injection par air/Catalyseur
(version CE seulement)
Châssis
- Suspension avant :
- Bras triangulaire double type RS,
bras supérieur en aluminium forgé
- Suspension arrière :
- TTIMC indépendante type
RS
- Frein avant :
- 2 disques centralisés/étrier hydraulique
- Frein arrière :
- 1 disque centralisé/étrier hydraulique
- Pneus avant :
- 635 x 203 x 305 mm
- Pneus arrière :
- 635 x 254 x 305 mm
Dimensions
- L x P x H (metre) :
- 2,184 x 1,168 x 1,143
- Empattement :
- 1,295 m
- Hauteur de la selle :
- 877 mm
- Capacité de remorquage :
- 590 kg
- Réservoir de carburant :
- 20 L
Caractéristiques
- Instruments :
- Indicateur multifonctionnel:
indicateur de vitesse, tachymètre, odomètre cumulatif et journalier et
compteur horaire, jauge de carburant, position de rapport de vitesse,
indicateur 4x4, diagnostics, arrêt automatique, D.E.S.S. (système de
sécurité antivol à encodage numérique)
- Electrique :
- Précâblé pour treuil
- Eclairage :
- 4 phares haute intensité (60 W) fixés aux
ailes avec phare arrière/frein - Approuvé CE, 4 clignotants (version CE
seulement)
- Warning signal:
- Klaxon (version CE seulement)
- Prise c.c. :
- Type allume-cigarettes, connecteur
standard à l´arrière (15A)
- Couleurs disponibles :
- Jaune
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