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Liberté de circuler : qui peut le mieux nous défendre ?

Texte et photos : Hervé Gaillard

Après de longues heures passée en interview téléphonique avec Alain Choiselat, président de la F.Française de quad, et Charles Péot, porte-parole du CODEVER, le J.D.Q. fait le point sur les objectifs de ces deux organismes. Le point qui les sépare le plus semble être la mise en place des PIDRM, des itinéraires de randonnées motorisées, pour les motos, quads, 4X4, et autre véhicules tout-terrain. La création des PIDRM est inscrite dans la loi, au même titre que celle des itinéraires de randonnées pédestres, en théorie pour préserver de leur disparition certains chemins pas assez fréquentés. Deux visions très différentes...

Résumé de l'interview de Charles Péot, porte parole du Codever :

Le CODEVER entend défendre la liberté de circuler, quelque soit le véhicule, et se battre en premier lieu sur le terrain juridique.

Le CODEVER a d'ailleurs gagné 135 procès sur 145 menés, preuve que de nombreuses verbalisations sont abusives et contestables !

Né en 1990, le CODEVER édite un guide juridique basé sur ses 15 années de défense de la liberté de circuler, condensé de ce que dit le droit en matière de circulation dans les chemins.

Les adhérents au CODEVER bénéficie d'une protection juridique et des services de ses avocats spécialisés en cas de verbalisation abusives.

Le CODEVER refuse la mise en place des PIDRM, pour deux raisons principales :

Le parcage des "motorisés" sur des itinéraires restreints sera un source de nuisance pour tous, la sur-fréquentation étant la cause des principaux problèmes de cohabitation entre usagers des chemins, mais aussi une nuisance prévisible pour les riverains de ces itinéraires.

Avec des itinéraires "prêts à l'emploi", il est évident que nombreux pratiquants (en particulier chez les nouveaux quadeurs) choisirons la facilité et se concentrerons sur ces itinéraires.

La dilution des pratiquants de loisirs motorisés sur les millions de km de chemins ouverts à la circulation, comme c'est la règle aujourd'hui, est bien plus raisonnable et logique car occasionnant bien moins de nuisances.

Si certains chemins posent de vrais problèmes de sécurité ou de nuisances, il est possible de les interdire à la circulation, du moment que c'est justifié par des motifs sérieux et que l'interdiction de circuler est une exception, pas une règle !

Les problèmes de cohabitations entre usagers, si ils existent parfois localement, sont infimes par rapport aux millions de km de chemins existants et peu fréquentés pour la plupart.

Si il y'a des moutons noirs (pots bruyants, hors pistes, etc) il doivent être sanctionnés mais pas pour autant faire classer tous les pratiquants de loisirs vert comme délinquants !

L'autre élément principal qui nous oppose à la mise en place des PIDRM, c'est le manque de garantie écrite, que le reste des chemins ne sera pas définitivement interdits à la randonnée motorisée.

Il semble évident pour nous que la mise en place des PIDRM est la première étape vers l'interdiction pure et simple des chemins pour les pratiquants de randonnées motorisées.

Aujourd'hui la loi Française n'autorise pas le contrôle des raisons d'aller et venir sur notre territoire... que ce soit sur la route ou dans les chemins, à pied, à cheval, en vélo, en moto, en quad ou en 4X4.

La notion de circulation réservée aux 'ayants-droits' ou riverains imposerait un contrôle des usagers sur leurs raisons de circuler, et serait une atteinte grave à la vie privée.

La liberté de circuler, y compris sur les chemins, (qui ont toujours été des voies de circulations, pour tous les véhicules, et pas des itinéraires réservés aux seuls piétons) est fondamentale dans une démocratie.

Nous nous battrons pour conserver cette liberté de circulation, quelque soit le moyen de transport choisi, sur des chemins qui sont un patrimoine collectif, créés par nos ancêtres.

Circuler est un droit... 

Le point de vue de la rédaction :

Difficile de ne pas adhérer à 100% avec le CODEVER :

pour le JDQ, la liberté de circulation sur les chemins, dans les respect des autres usagers, nous parait un droit fondamental...

Plus d'infos sur www.codever.fr

La F.F.Q se veut être celle qui défend les pratiquants de la randonnée-loisir en quad, ou encore du tourisme "quad", particuliers, clubs et professionnels. La FFQ à moins d'un an d'existence.

Voici un résumé de la vision de l'avenir selon son président Alain Choiselat, professionnel de la rando quad depuis de nombreuses années :

Les PIDRM sont inéluctables, la tendance actuelle est de vouloir nous interdire les chemins en totalité. Ceci en partie à cause du comportement irresponsable de nombreux particuliers lâchés seuls dans la nature, sans encadrement, sans culture du TT et sans respect des règles de savoir vivre. La vente de quad "par n'importe qui" ayant aussi une grande part de responsabilité dans cette situation.

La cohabitation avec les autres usagers des chemins ne sera pas possible à terme avec les quadeurs sans mettre de l'ordre dans notre pratique.

Notre objectif est d'obtenir 1000 km de chemins par département pour les PIDRM. Pour ça nous étudions la création d'itinéraires à proposer aux commissions. Cela permettrait de parcourir chaque département du nord au sud et d'est en ouest. Une continuité entre les itinéraires des départements limitrophes sera recherchée.

Les PIDRM seront à terme les seuls itinéraires librement empruntables par les particuliers. Non par notre volonté, mais par la pression des lobby pseudo-écolo.

Le reste des chemins sera vraisemblablement à terme interdit à la circulation "de loisir", toutefois nous souhaitons obtenir une exception pour les clubs et professionnels. Ceux-ci pourraient rouler hors-PIDRM, ayant demandé une autorisation préalable pour des randonnées encadrées, à des dates précises, sur des itinéraires délimités.

Pourquoi ? Les clubs et professionnels disposent d'une assurance organisateur qui garanti de pouvoir payer les éventuels dégâts occasionnés lors d'une randonnée, a la différence des particuliers.  

L'analyse de la rédaction :

La FFQ entend donc a terme créer un système "à la Canadienne" ou les quadeurs seraient bien encadrés par des clubs ou organisateurs, sur des itinéraires dédiés (les PIDRM) ou autorisés pour l'occasion.

Le parcage des pratiquants individuels sur les PIDRM est  considéré comme un pis-aller...  Façon de se dire qu'entre la mort de la randonnée motorisée souhaitée par les associations "fanatiques" de l'écologie, ou les PIDRM, mieux vaut les PIDRM et se battre pour que ceux-ci soient une solution acceptable.

Les pédestres disposent de 180 000 km d'itinéraires balisés, mais rien ne les empêche de circuler ailleurs !
Combien en obtiendrons nous ? Le seul PIDRM en place actuellement fait 11 KM dont 7 de goudron et le reste en piste roulante !

L'idée d'avoir 100.000 km de chemins "pour les motorisés" peut paraître séduisante pour beaucoup, mais quand on sait que les commissions chargées de mettre en place ces PIDRM sont composés à 90 % d'opposants aux loisirs motorisés et pratiquement d'aucun représentants de nos loisirs, on peut douter de leur aptitude à répondre à nos attentes...

Enfin certains conseil généraux (en charge du financement des PIDRM) se sont déjà prononcé contre la création de PIDRM  au sein de leur département...

Plus d'infos sur www.ffq.fr

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