Essai très longue
durée : Yamaha Bruin 350 4x4
2ans et 3300km : « L’encyclopédie
de l’ours brun »
Texte et photos :
Camille et Félix Bonnet
Historique …
Le Bruin 350 est la nouvelle version du Big Bear 350.
Les améliorations apportées sont assez importantes : niveau esthétique, le Bruin
a pris la robe de son grand frère le Kodiak; niveau mécanique, l’évolution se
situe principalement sur la transmission par variateur, bien plus à la mode que
la boite semi-auto de son ascendant… Le châssis est lui aussi repris
sur le 400 Kodiak, lui même servant de base au 450 Kodiak première génération,
avant la venue du modèle I.R.S...
Utilisation …
Petit frère du Grizzly
660 et du Kodiak 450, le Bruin 350 4x4 joue dans la
cour des petits baroudeurs. Ses roues 25 pouces, son variateur et ses larges
porte-bagages font de lui un équipier fort intéressant pour la randonnée.
Toutefois, son allure utilitaire ne le trahit pas : avec son attelage et ses
solides porte-bagages, il ne dédaigne pas les travaux du jardin ni même la
corvée du bois ! Son moteur assez coupleux et suffisamment puissant lui permet
d’être si polyvalent.
Première vue …
Côté esthétique, c’est du Yam’ utilitaire… Rien à envier
à ses grands frères, c’est du pareil au même. Ses lignes sont légèrement
agressives avec ses optiques en amande et ses porte-bagages relativement plats.
Les finitions
sont bonnes, rien à critiquer, tout est bien ajusté. On notera un tableau de
bord « à l’ancienne » avec un tachymètre à aiguille et quelques voyants. La
simplicité du tableau peu s’avérer être un avantage lors d’un retournement, par
exemple !
L’accessibilité
de la batterie est aisée (sous la selle), en revanche la tendance est à masquer
une grosse partie du bloc moteur ce qui rend les choses moins accessibles.
Les pneus
d’origines sont efficaces mais pas longtemps… Les crampons manquent clairement
de profondeur ! Ils suffisent tout de même pour la randonnée dans des régions
relativement sèches sinon ils peuvent constituer une monte « été » (c’est
l’option que j’ai prise). Pour favoriser l’accroche sur sol meuble ou dans la
neige, j’ai préféré choisir une monte en Maxxis « Sur Track » en dimensions
d’origine car leur efficacité est tout autre.
Pour les versions
MAGA et les non homologuées, l’éclairage est suffisant pour rouler de nuit mais
manque d’envergure. C’est pour cela que j’ai couplé les deux paires (origine et
MAGA) réglées de telle façon qu’une paire éclaire de près (en code) et que la
seconde paire (les maga) s’allume et éclaire au loin en feu de route.
Niveau confort,
venant d’une plus petite machine (un 250 Bear-Tracker, un Yamaha déjà !), le premier point que l’on constate est
l’efficacité des « grandes » roues 25 pouces : les obstacles apparaissent
immédiatement plus petits ! La large selle remplit bien son rôle en étant assez
épaisse et moelleuse, et sa longueur autorise une assise pour deux personnes
sans trop de problème.
Le levier de
vitesse qui permet de sélectionner le mode marche avant, neutre, et marche
arrière, est placé sur l’aile avant gauche ce qui laisse la main droite libre
et son utilisation s’avère très douce. Les vitesses passent bien. De plus, il
suffira d’une simple pression sur le bouton coté droit du guidon pour enclencher
le mode 4x4.
Moteur …
Ce
monocylindre 4 temps de 350cc refroidi par air développe une puissance d’une
bonne vingtaine (23 ?) de chevaux, ce qui est suffisant pour la randonnée, les
franchissements et les petits travaux. Avec son variateur, la réponse à la
gâchette est vive et linéaire mais pas brutale, ce qui le rend très agréable à
conduire.
On notera aussi
un très bon frein moteur qui évite bien souvent d’avoir recours aux freins. En
3300 km, dont la majorité parcourue en randonnée, les plaquettes de frein avant
n’ont jamais été changées ! Il faut être à deux pour se servir plus souvent des
manettes de frein.
Transmission …
Le moteur est
accouplé à un variateur avec embrayage centrifuge. Le variateur réagit bien dans
les passages techniques et les montées mais, en revanche, ne permet pas de
rouler à une vitesse de croisière (à partir de 40km/h) sur un filet de gaz en
randonnée. Le principal reproche que l’on peut faire à ce variateur est le temps
de réaction à vitesse nulle : on pourra avoir du mal à s’élancer, au pied d’une
grosse marche ou bien coincé dans un bourbier bien collant ! Il faut alors au
moins 50 cm pour que la transmission s’enclenche et que le moteur prenne des
tours.
Un autre point fort, et qui situe bien le quad dans sa
catégorie, est le cardan. L’entretien est réduit à peu de chose… une simple
vidange du pont (une fois sur deux vidanges moteur).
Tout comme son petit frère le Bruin 250, il tire court
avec une vitesse maxi d’environ 75 km/h, en version non homologuée (bridé à 25
km/h en configuration MAGA). Peut être cela provient-il d’un
compromis fait par les ingénieurs puisqu’il n’y a pas de gamme courte ?!
Freinage …
Le quad est
freiné par 2 disques à l’avant et 1 tambour à l’arrière. Ce dernier avoue vite
ses limites, surtout après des passages répétés dans l’eau. Les disques sont
quant à eux plutôt performants et assez progressifs.
Grâce au variateur, il y a trois commandes de freins :
les deux poignées + la pédale qui freine les roues arrières. Tout ceci est très
pratique dans des situations délicates ou pour une conduite à une seule main.
Châssis …
Avec sa bonne garde au sol (245mm) et un conducteur un
peu précautionneux, le châssis tubulaire ne touche pas souvent le sol. En deux
ans d’utilisation (parfois assez sévère) il n’y a eu aucun souci à
déclarer. A
Notez toutefois
que l’on a vu à plusieurs reprises des trains arrière se déchirer près de la
fixation de l’amortisseur suite à une utilisation intensive… mauvaise série ?
Suspensions …
Les suspensions offrent un débattement respectable qui
confère à la machine un bon confort, encore amélioré par la selle moelleuse et
large. L’amortisseur arrière est réglable en précontrainte du ressort.
Franchissements …
Un variateur
efficace, une masse modérée, un moteur assez vif et une bonne garde au sol
permettent des franchissements assez osés ! Une fois le mode 4x4 enclenché, il
est alors possible de franchir des obstacles sans prendre d’élan. Il faut
retenir, si l’obstacle est important et l’espace très réduit, que le variateur
met un certain temps avant de s’enclencher convenablement, et que l’accouplement
du pont avant nécessite un tour de roue avant d’entrer en action.
La faible largeur
du quad laisse à désirer comme la plupart des quads utilitaires chez Yam’. Il
faut monter soit de bons pneus (type Maxxis Sur Track) à profil plus plat qui
permettront d’avoir une meilleure stabilité, soit tout bêtement des
élargisseurs.
Pour des
franchissements de type croisement de pont, l’absence de blocage du pont avant
fera la différence avec des machines qui en sont dotées. Sur terrain glissant,
pour compenser ce manque, il faudra jouer du guidon afin de donner
successivement plus d’adhérence à l’une ou l’autre des roues
avant. Il manquera aussi une gamme courte pour ne pas
trop solliciter le variateur et sa courroie.
A noter aussi que
les plastiques blanchissent vite dès lors qu’ils sont contraints anormalement,
comme par exemple suite à un renversement…
Utilitaire …
Le Bruin n’est
pas prévu pour une utilisation uniquement utilitaire du fait de son manque de
gamme courte. Il pourra tracter ponctuellement, sans trop de difficultés, des
charges courantes pour des travaux de jardin (Yam’ annonce 500kg max).
Si la charge est
trop importante, et surtout si le démarrage s’effectue en côte, le quad aura du
mal à se lancer à cause du retard du variateur. Une fois parti, il n’y aura plus
de problème.
Conclusion …
Léger
(243kg), maniable, fiable, polyvalent et économique, le Bruin est le parfait petit
baroudeur. La randonnée et le franchissement sont ses domaines de prédilection
avec 120kg supportables par les porte-bagages et 120km d’autonomie avec le plein
(13L). Proposé à 7695 euros en version MAGA 4x4, il se place bien sur le marché…
Mais ne se fera-t-il pas détrôner par le 500 MXU de chez Kymco ? Rendez vous
dans deux ans et 3300 km !? ;-)
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