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| | Nouvelle rubrique :
"La cronik à machin" *
Par Machin !
« La rédaction décline toute responsabilité
concernant les propos et les opinions exprimées par l’auteur de la chronique »
…
Voilà, c’est fait, le Journal du Quad est dédouané, et
ne pourra être poursuivi par les inévitables pisses-froid auxquels mes quelques
lignes à parution épisodique déplairont.
A l’instar de « Pinot simple flic », je
suis avant tout « Quadeur simple pratiquant ». Lié d’aucune manière
à aucune marque, ni à aucune publication sur le net ou sur du papier en vrai
bois d’arbre, je n’ai pas d’autre ambition que de véhiculer une seule
opinion : la mienne. Et avec toute la mauvaise foi qui me caractérise,
autant vous le dire de suite : mon opinion est la bonne (pour le cas ou
vous en douteriez).
Alors, premier degré, ou douzième, à vous de choisir :
si vous réagissez vivement, je vous invite toutefois tout de suite à passer
votre chemin, et à ne pas lire cette chronique. Alors inutile de hurler, ou de
jeter votre écran par la fenêtre, vous ne pourrez pas dire que vous n’avez
pas été prévenu !
Vous, je sais pas, mais moi, le bruit, ça me gave. Pas le
bruit des petits oiseaux qui gazouillent, ni celui du douze cylindres de mon
client amateur de belles italiennes, ni même le bruit que fait le jeune fils du
voisin dans sa tentative désespérée de flinguer définitivement un prélude
de Bach au piano, non… Mais le bruit qui m’agresse quand je suis en voiture,
le coup de klaxon imbécile qui m’invite à me presser de démarrer au feu
rouge (histoire d’arriver encore plus tôt au boulot), ou celui qui monte de
la rue, et m’oblige à fermer la fenêtre et à cesser de profiter de la douce
fragrance des oxydes de carbure et des gaz brûlés. Le boucan, quoi !
Et le quad, dans tout ça, me direz vous ? Ben , ma
première réflexion serait de vous dire que le quad, y a pas que ça dans la
vie non plus, hein !
Sauf que… mon activité de loisir préférée vient
malheureusement en rajouter furieusement, et m’incite à reprendre un paquet
d’actions chez un fabricant de Boule Quies (marque déposée, à laquelle je
ne suis pas inféodée non plus).
Parce que le djeunz, maintenant, après avoir écumé le
quartier avec sa mobylette, et faute de pouvoir s’offrir la super 205 diesel
modèle 1986 tunée-avec-les-néons-bleu-dessous de ses rêves, il a une
nouvelle arme, avec laquelle il va s’évertuer de faire regretter au monde
entier le temps béni ou il circulait en tricycle. Sonnez hautbois, résonnez
musettes, j’ai nommé… le quad !
Mains non, me direz vous, un quad, c’est un engin sérieux,
homologué, qui a passé des tests, et qui n’est confié qu’à des gens qui
ont un permis voiture (ce dernier distinguo étant sans aucun doute le signe
d’une grande intelligence doublée d’une immense vivacité d’esprit).
Mais, bienheureux que vous êtes, avez vous déjà vu ce qu’un djeunz est
capable de faire avec un scooter ?!? Là où ses valeureux anciens se
contentaient généralement de limer un peu la culasse, et de rajouter un guidon
torsadé (ce qui a un effet indéniable sur la pénétration dans l’air, et
donc sur la vitesse de pointe), il revisite aujourd’hui de fond en comble son
engin, et le transforme en un « truc » qui n’a plus grand chose à
voir avec le défunt cyclomoteur.
Alors imaginez : notre djeunz découvre chez le
concessionnaire GasGas du coin (je le hais, celui là, il sera maudit jusqu’à
la dix septième génération, et mes petits enfants viendront uriner sur sa
devanture) un petit bolide bleu rutilant de chrome. Déjà, le filet de bave qui
s’écoule au coin de sa bouche laisse supposer qu’il a entraperçu le
potentiel de nuisance de l’engin (ou que le concessionnaire GasGas – qu’il
brûle en enfer- a changé de secrétaire, mais c’est un autre sujet).
De là, l’engrenage infernal est amorcé : il sera
quadeur. Le naturel n’ayant pas été chassé, il n’aura même pas besoin de
revenir au galop : une fois l’acquisition de la machine faite (au grand
dam de ses parents, qui contre mauvaise fortune bon cœur, se demandent si
l’adolescence tardive de leur progéniture peut ouvrir droit à réduction
d’impôt), notre djeunz sera sans cesse poursuivi par ses vieux démons.
Rapidement, il trouvera que les performances de son fougueux destrier sont un
peu trop communes, et il n’aura alors de cesse de préparer sa machine.
Et c’est là que fatalement, il tombera en arrêt devant
LE pot … Pas un pot d’échappement, non, mais l’ustensile indispensable
qui transformera radicalement son paisible cheval de trait en pur-sang.
L’accessoire ultime, fabriqué en Italie par d’anciens ingénieurs de la
Nasa, produit en authentique acier à base de minerai de fer, et issu du cerveau
malade d’un concepteur d’armes de destruction massive. Le genre de choses
qui font que si vous les possédez, ils vous sortent de l’enfance pour vous
donner illico le rang d’Homme, que dis-je, de super héros (ben oui, le djeunz
a quand même gardé une âme d’enfant …).
Alors, les étrennes données par Mamie seront immédiatement
converties, et feront le bonheur du concessionnaire GasGas (dont nous
souhaiterons au passage que sa camionnette puisse couler une bielle)
Alors là, je vous le dis tout net, vous pouvez faire un
trait définitif sur toute velléité de quiétude. Plus rien ne sera jamais
comme avant, et vous le découvrez vite :
- Il est 15h00, vous somnolez tranquillement dans votre
bureau, avec l’air d’une profonde réflexion sur votre visage, et le djeunz
passe dans le quartier : effroi, effondrement de la pile de dossiers qui
vous dissimulait.
- Vous appelez chez vous, pour informer votre douce et
tendre moitié que vous êtes coincé seul sur une route de campagne, avec une
roue crevée : le raffut du djeunz qui va chercher son croissant informe
immédiatement Madame de la supercherie.
- C’est samedi, vous vous dites que le djeunz est soit en
train de vomir les 17 bières qu’il a ingurgités hier soir avec ses copains,
soit en train de dormir après une rentrée tardive de boîte :
l’apocalypse sonore vous informera qu’il rentre de discothèque, ou il s’était
rendu en quad
- Il fait très froid, vous vous dites que vous aurez la
paix : c’est mal connaître le djeunz, qui est capable de vider une bombe
entière de Start Pilote dans le carbu pour avoir le plaisir de vous ravager les
tympans.
Certaines mauvaises langues insinueront rapidement que mon
exemple est extrême, et tient surtout à la nationalité ibérique du quad en
question.
Que nenni !
Si notre ami le djeunz, qui allait chercher une quelconque
pièce détachée pour la tondeuse de son papa, est tombé en arrêt devant les
nouveaux jouets proposés par les établissements « Roland BARBEUR, les
motoculteurs de ceux qu’ont pas peur », le scénario sera sensiblement
identique, à une variante près.
En effet, à côté des chaînes de tronçonneuse, Roland
Barbeur a lui aussi investi le marché de la pièce de seconde monte de qualité
aéronautique et de prix exorbitant : j’ai déjà nommé LE pot. Mais
l’effet de l’installation sera démultiplié : outre le fait que
l’accessoire en question produit une pression sonore apte à faire passer le décollage
d’un avion de chasse pour le doux murmure des vagues le soir sur la plage, le
compteur du quad asiatique, qui affichait déjà 137 km/heure en pointe, en
affiche désormais 154, sa marge d’erreur déjà phénoménale augmentant avec
le carré de la vitesse affichée.
Et là, devant un tel accroissement de performance, inutile
de vouloir raisonner le surhomme dont les qualités physiques lui permettent de
dompter un tel monstre de puissance. Votre surdité, comme la sienne
d’ailleurs, lui importe peu, il est seul sur sa planète de bruit et de
fureur.
Alors, que faire ? Devez vous renoncer définitivement,
et attendre que ça passe (sachant que le djeunz a un petit frère qui le regarde déjà
faire avec envie) ?
Ben oui !
Machin
* : NDLR... "Machin" est un membre du forum du JDQ,
habituellement très sérieux, qui à décider de se lâcher un peu sur
différents sujets... On le retrouvera régulièrement. Vous pouvez vous aussi
écrire dans "la rubrique à machin", sujet libre du moment que le ton
n'est pas sérieux !!! Vous je sais pas mais moi il me fait bien marrer, euh...
machiner ! | |
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