AMV Shamrock,
ou comment découvrir le désert...
Texte et photos : Alban Coutelle
Partir faire l’ AMV Shamock en plein Sahara est une réelle
aventure. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important de bien
préparer son départ pour être paré à vivre un moment inoubliable au Maroc.

La
préparation
Pour que votre rallye se passe le mieux du monde, il faut
préparer ses cantines(vous pourrez en emporter 2), son quad et surtout ne pas
oublier sa propre préparation physique.
Les
cantines :
Le défi consiste à faire tenir l’équivalent d’un
quad en pièces détachées dans deux cantines en métal, garder de la place
pour son casque, les lunette type « Schott désert», sa tenue de
quadeur, les équipement de protection, et un Camel back 2 litres.
Vos cantines sont prêtes, ce n’est que le début, les
choses sérieuses commencent avec la préparation de votre quad.
Le quad :
Mis
à part un check-up complet de votre quad avant le départ, il faut connaître
certaines petites astuces qui sont spécifiques à un raid dans le désert.
Pas
la peine de suréquiper sa machine, il faut essayer de rester très proche de
l’origine sous peine de fragiliser son quad. Ce circuit n’est pas complètement
constitué de sable. Et oui, première surprise à l’arrivée, le désert est
aussi fait de pierre et d’un terrain plutôt dur. C’est pourquoi il ne faut
pas avoir de sabots alu ou de jantes alu. Tous les participants qui avaient équipé
leur machine de cette façon se sont retrouvés avec leurs sabots et leurs
jantes cassés rapidement.
Il
n’est pas non plus nécessaire d’avoir un échappement modifié(merci pour
les oreilles des copains en plus).
Par
contre il est vivement conseillé de coller toute la visserie avec une colle
puissante type « locked it ». Surtout ne pas oublier un stock de
barre de direction, un réservoir de grande capacité, des mèches en grande
quantité, un gonfleur rôdé et bien sûr une valise outils complète…
Pas la peine de prévoir des pneus de rechange. Ils sont
vendus sur place à un prix abordable par « Vulco » : ce sont
des Maxxis all track pour l’arrière et Razzr2 pour l’avant.
Votre préparation physique :
Il
ne faut pas oublier que cette course reste une course d’endurance. C’est
pourquoi il faut s’entraîner au minimum deux mois à l’avance en essayant
de reproduire les conditions de la course (il ne faut donc pas oublier de
charger le quad etc…).
Il faut aussi bien apprendre à utiliser son Trip master
et son GPS avant de partir. Sans eux, il n’est plus possible de s’orienter.
Pas la peine de perdre du temps pendant la course en se servant mal de son GPS
ou de son Trip Master vous aurez bien d’autres soucis alors autant en éviter
un.
La
course
Le niveau

Le
Shamock est une aventure inoubliable, mais ce n’est pas pour autant que
c’est une balade tranquille. Les concurrents sont vraiment motivés et se
battent pour le chrono, la gagne avant tout. Les motards étaient impressionnés
du niveau de certains quadeur ! ! ! A tel point qu’un motard
m’a avoué qu’il pensait se traîner en suivant un quad lors de la 3ème
spéciale et qu’il s’était fait larguer dans les dunes (le quadeur était
….DELTRIEU n°209 ! Vainqueur de la course)…..
L’organisation et l’encadrement : déroulement
d’une journée
Nous sommes hébergés en hôtel (comptez 440 euros la
chambre double) en bord de mer, avec une vue splendide. Vous pouvez aussi opter
pour l’option un peu plus baroudeur aventurier en dormant en bivouac dans une
cour derrière l’hôtel.
Tous les soirs avant le repas, tous les participants se
retrouvent pour le briefing à l’hôtel. Ce moment reste aussi un moment de détente
pendant lequel les participants échanges leurs impressions sur la journée, les
difficultés rencontrées… On sympathise tout en se détendant après une
bonne journée.
Le
lendemain matin c’est reparti ! ! ! Le départ des concurrents
se fait en fonction de leur classement. Il ne faut pas oublier de prévoir la
liaison à faire avant d’arriver au départ de la spéciale (cette liaison est
bien sûr indiquée sur le Road Book). Un ravitaillement est possible au départ
et en milieu de parcours, à 100 Km maximum.
Après la première boucle, c’est la pause…Elle est
obligatoire et dure une demie-heure. Après ce moment de détente, nous sommes
fin prêts pour le départ de la deuxième boucle.
Les
pistes
Partir
dans le désert, ce n’est pas seulement rouler sur du sable au milieu des
dunes en croisant des dromadaires. Cela fait effectivement partie du paysage,
mais ce dernier est beaucoup plus varié. Et tant mieux ! ! ! Une
fois la surprise passée cela rend la course beaucoup plus intéressante et cela
augmente le challenge.
Les
pistes que vous allez trouver sont majoritairement faites de cailloux et de
blocs de pierre. Mais ce n’est pas pour autant que vous n’allez pas rouler
sur des dunes de sables. Le terrain est éprouvant, technique et cassant. Il est
constitué d’alternance de pistes rapides, de passages techniques et de dunes
sur lesquelles on se croirait sur la neige…Paradoxal en plein désert ! ! !
Tout ça en roulant à la vitesse moyenne de 80 à 120 km/h.
Quelques
petits conseils qui vont feront gagner du temps et vraiment apprécier votre
course :
Il faut savoir qu’il y a deux types de dunes : les
porteuses sur lesquelles il est super agréable de rouler et les dunes sable
mou. Ne jamais ralentir sur ces dernières et faire très attention aux
surchauffes du moteur ou aux vagues.
En
dernier lieu, pour savoir si une descente est possible quand vous êtes sur une
dune, il est conseillé de longer le haut de la dune pour observer la descente.
Surtout ne pas manquer le passage qui traverse l’Oued,
sinon c’est la galère. On perd du temps dans les labyrinthes trialisants en
roulant sur de l’herbe à chameaux.
Le Fesh Fesh, très amusant si on oublie pas qu’il y a
souvent de gros pavés de pierre dans ce passage de sable mou blanc.

La
navigation
En
dernier lieu, un mot sur la navigation. Elle est composée de trois supports
différents :le dérouleur de road book, le Trip Master et le GPS.
A
l’arrivée de chaque spéciale le road book du lendemain est donné en échange
de celui du jour. Ce road book est très complet en indiquant tous les
changements de cap, les intersections, les check points et les points GPS des
passages importants à ne pas manquer. Il contient aussi le kilométrage intermédiaire
entre chaque point et le kilométrage total depuis le départ. En cela, il
s’utilise avec le Trip Master. Ce compteur kilométrique réglable nous permet
de recaler le kilométrage parcouru sur le kilométrage indiqué par le road
book. Il est ainsi possible de savoir où se situe la case suivante du Road
book. Sans cela, le Road Book devient inutilisable, ce qui est très embêtant.
Quelques
mots sur le GPS. Ce dernier indique les passages importants et permet de connaître
son cap. Mais il ne fait que compléter le Road
Book et le Trip Master. En effet, le GPS en traçant une ligne droite
entre les points ne tiens pas compte des obstacles et n’oublions pas qu’un
Canyon peut être un obstacle dangereux !!!
En conclusion, le désert est un endroit génial pour un
rallye raid. Quand on est bien préparé et fan de quad c’est un moment
inoubliable qui constitue une expérience unique. Les paysages sont fantastiques
et la courses est vraiment un moment d’éclate surtout quand on sait que cela
reste un des rares VRAI rallye raid abordable. Alors il ne me reste plus
qu’une chose à dire vivement le prochain Shamrock et peut être, cher
lecteur, que nous pourrons nous y croiser …

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