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KADEHER chez les BERBERES Tome 2...
«
vous reprendrez bien un peu de désert !? »
Texte et photos : K2R
Un an après mon « raid » en Mauritanie
( voir l’article « Kadeher chez les Berbères » Tome 1 dans JdQ N°8), l’envie de rouler à nouveau dans le
sable, au chaud - au lieu de dans la boue, au froid- m’a repris, et j’ai
finalement refait le même circuit, qui s’avère le plus sportif et le plus «sable »
des itinéraires proposés par New Gate.
Je part avec
un groupe d’horizons divers, avec un noyau dit groupe « COMAS »
du nom du concessionnaire d’Annecy, à présent géré par Marc Cassolla très
sympathique, et très ouvert, (du moment que la supériorité mondiale de Suzuki
n’est pas contestée… J J
), qui vient avec quelques clients et amis. Il y a également des gentils
furieux de la gâchette raptor-maniaques, et aussi des débutants et débutantes
complets, 18 personnes en tout, dont cinq femmes ( mignonnes, incontestablement,
et accompagnées de leurs époux (incontestablement également).
A l’arrivée
à Atar, il fait beau et assez chaud, c’est déjà deux gros avantages de ce
raid :
1°) quant on est inscrit… on part, sans annulation de
dernière minute parce que ils manquent de monde
2°) La météo est plus stable à cette période qu’en
Afrique du Nord
Au briefing, Jean l’organisateur, insiste sur les conséquences
sérieuses de toute blessure vu l’infrastructure locale inexistante, et des
dangers objectifs des pistes « roulantes » des deux premiers jours,
et je ( en tant que « vieux ») le confirme aux participants.
Depuis le
dernier raid, le parc de machine, déjà somptueux pour le pays et la location :
Suzuki 250, LTZ 400, Eiger 400, Kawa V Force, comprends désormais 2 Yamaha
450 YFZ, et 4 (et même 6 je crois) Rhino 660.
Les Rhinos
ont été acquis dans l’optique de raids spécifiques, éventuellement
Handiquads, mais aussi en « repli ».
Après
discussions, vu la composition de notre groupe, nous choisissons 3 ltz 400, 4
eiger, 2Z 250, 3 Rhinos ( biplace
impératif, l’idée étant de permettre de se reposer comme passager), 2 450,
2 Vforce 700, avec toujours le concept de s’échanger les machines selon
l’humeur et la forme. A l’usage, il y a quelques contraintes, loupés et
frictions, car les purs sportifs veulent garder leur machines, les « débutants »
sont rassurés par le 400 Eiger, mais ne maîtrisent pas le 250, assez
sautillant et fatiguant, et sauf les blessés, le Rhino n’intéresse personne.
De plus,
quant un sportif veut attaquer avec un utilitaire… Il se fait peur et/ou mal,
et Marc a lourdement chuté ( casquette) sur une saignée, avec traumatisme
dorso- lombaire ( apparement, juste une fracture d’une épineuse et des hématomes,
mais privé de quad pendant 5 jours compte tenu des douleurs…)
Il faut rester
cool sur ce point, vu le pays magnifique, la liberté de rouler à son rythme,
et le parc de machine globalement extraordinaire ( ailleurs, c’est Magnum ou
Bruin ou encore Blaster "pourave" pour tous le monde… et parfois à la queue leu leu…)
L’organisation
sur la piste est bien adaptée à l’hétérogénéité du groupe : un 4X4
devant, le camion balai à environ
2 Km derrière, les 2 véhicules roulent vers 40 km/h, les quadeurs quant à
eux, évoluent dans les cordons de dunes bordant la piste, par groupes
d’affinités et de niveau (3 à 5 quadeurs à peu près), selon la formule du
« buffet à volonté » : les dunes que tu veux, à la
vitesse que tu veux, la seule contrainte étant de ne pas se laisser distancer
par le camion balai, et de ne pas se faire trop mal ou de trop casser le quad…
Les « débutants »
restent sur la pistes, les aventuriers surfent à 1 km dans les dunes…
A propos de
« surfer », éduqué par les sportifs, j’ai amélioré mon style
cette fois ci : je croyait surfer en me promenant sur les parois des dunes
et en les franchissant sur la crête
( ça, c’est chaud selon ce qui se passe derrière), mais surfer, c’est pas
ça du tout !
Surfer,
c’est… surfer : rester aussi longtemps que possible sur la crête des
dunes, parfois les 4 roues posées, souvent, seulement 2 de coté ( là ou
cela porte le mieux…), mais quand cela commence à basculer
franchement, il faut vite envoyer les roues avants dans la pente, et c’est très
chaud ! à réserver aux quads sportifs et léger. Cela mériterai une
photo ou une vidéo, mais quant on roule, on roule… ( et j’ai pas de vidéo !).
Les Dunes et
le sable constitue environ 50 % du circuit, le reste étant des étendues
d’herbes à chameaux ( très fatiguant pour le quadeurs, et dangereux en cas
de saute d’attention ou de vitesse excessive ( une casquette pour un V Force,
plastiques balafrés, colonne de direction pliée, biellette de direction
tordue, quelques bosses pour le pilote), et de belle pistes caillouteuses, mais
souvent prise avec trop d’optimisme par les quadeurs, qui se laissent
surprendre par les saignées ( encore quelques chutes).
A ce jeu, les
400 et 450 sont dans leur élément, avec un comportement, une stabilité et des
suspensions qui pardonnent beaucoup plus que les autres machines, et , par leur
poids plume, une fatigue et une dangerosité nettement plus faible. C’était
le point de vue de tous, même les Raptor-maniaques et les gros balèzes ( mais,
pour les amoureux du V Force, les machines sont ici strictement d’origine, les défauts connus du train
avant ne sont donc pas corrigés)
Moi mon truc,
c’est vraiment le LTZ 400 (ici en modèle 2004, présents depuis 2 ans), qui
est mon gabarit et reste assez souple, mais le 450 est beaucoup plus nerveux,
mieux suspendu de l’avant. En usage « trial enduro », le Yam
ratatouille un peu dans les bas régimes. La gâchette d’origine est épuisante
(il suffit peut être de supprimer le ressort et de garder seulement celui du
carbu). Les Raptor-maniaques à l’issu du raid voulaient tous évoluer vers le
450 ou le 400 au retour en France…
Pour en
revenir aux chutes, elles furent nombreuses, miraculeusement pas
dramatiques, mais sources de plaies et bosses, forfaits sportifs, et réparations
multiples sur les machines. Les paysages et les machines grisent les quadeurs,
qui sous-estiment les pièges du terrain, et oublient que les moyens de secours
et de soins sont strictement inexistant dans le pays. Malgré la relative
chaleur, et les restrictions de bagages (13kg), il faut prévoir casque
motocross, protections, bottes, lunettes moto et écran polarisant ou lunettes
de soleil en plus.
Un petit mot
du Rhino : Ce véhicule, dérivé du Grizzly 660, a de bonnes
performances objectives, avec une vitesse limitée à 65 km/h, des suspensions
assez souples, et de bonnes aptitudes aux franchissements ( mené à fond), mais
il est avare de sensations et ne sait pas glisser ( tout travers se solde par un
« coté », même à basse vitesse), et fait vraiment un bruit de
casserole : du coup, bien que biplace, les conversations sont difficiles :
à réserver aux réfractaires aux quads, ou à l’assistance.
Comme dans le tome 1, je vous parle plus de quad que du
pays, qui recèle pourtant des paysages exceptionnels :les dunes sont
nettement plus belles qu’en Tunisie (même El Borma) ou qu’au Maroc , plus
proche de celles d’Algérie ( la Lybie, connaît pas encore…). Il
y aussi de beau canyons et passes pour varier les plaisirs.
Le dépaysement est encore plus fort du fait de
l’autonomie complête ( Camion Tatra avec carburants, pièces, pneu, poste à
souder etc) et autonomie en nourriture pendant 6 jours ( donc pas très
gastronomique…), sans hôtels ( bivouac sous tente ou à l’air libre, pour
les ronfleurs ou ceux qui n’aiment pas les ronfleurs…): Nous n’avons vu
que deux scorpions en une semaine, et il n’a plu que 2 nuits…
Au bivouac, ou
sur le parcours, la rencontre avec les nomades est également dépaysante, vu
leur extrême pauvreté.
Pour ceux qui
veulent plus de vitesse ou plus de dunes, New Gate organise un raid plus sportif
( par équipe de 2 et avec navigation GPS), avec tranports des quads personnels.
En conclusion : une expérience indispen-SABLE !

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