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Lecteur -"Rêve de quadeur"
7 jours
en Mauritanie
Texte : Paul de Rosbo ( K2R)
Crédits photos : Serge Delorme, William Luggaz, Marc Vansteelant
Bon, j’ai pas (encore !)
fait Floyon ni la Transval, mais Atar Chinguetti et Fort Saganne, ça en jette
aussi…
Pas compliqué : 7 jours,
un chèque de 1800 euros pour Newgate Travel,
qui m’a inscrit dans un groupe déjà constitué de 12 quadeurs Savoyards (+ 1
motard et un quatre-quatreux), 4h30 de vol direct (Marseille ou Paris/ Atar) et
c’est parti…
A l’arrivée, Jean PHILIPPE
(le Boss) nous accueille et nous présente les quads : des Suzuki LTZ et
LTF 250 (semi auto) (5), LTZ 400 (3), Eiger 4*4(3) et… 3 Kawa 700 VForce.
Il est convenu que chacun pourra
tourner entre les différentes machines selon son humeur.
Les 4*4 clients comme celui de
l’ouvreur (qui transporte aussi les bagages) et des cuistots sont des Toyota
double cabine équipés de pneus sable. Un camion Tatra 6*6 conduit par le Boss
complète le tout : bref, du super matos.
Il existe plusieurs itinéraires
possibles en Mauritanie (je serai donc obligé de repartir l’année prochaine
pour compléter mes connaissances). Nous convenons de partir vers l’est dans
l’Adrar (El Beyyed, El gallawia, Chinguetti, fort Saganne) pour tenter de voir
le Dakar dans les dunes (étape Tan-Tan Atar) : mais le tracé étant
secret, cette « prime spéciale » nous sera refusée, le rallye
passera à 80 km de l’endroit ou nous l’attendions !
Nous roulerons 6 jours (800 km
au lieu des 1000 km prévus, vu notre quête du Dakar) dans des paysages très
varié de dunes (en majorité sur notre itinéraire), de falaises, d’ergs . la
Mauritanie est vraiment très belle, bien plus que la Tunisie ou le Maroc, à
comparer au Sud Algérien, avec des distances plus courtes à parcourir pour que
le paysage change.(c’est pas pour les nordistes, il n’y a ni bourbiers, ni
bière MAIS le Ricard et le vin (apportés par les Savoyards) ont coulé à
flot…)
La formule du raid est
originale et bien adaptée aux quads, aux quadeurs quelque soit leurs
niveaux, et au pays, ou il n’existe aucune infrastructure (essence, hôtel),
mais ou le sable est roi (et les salaires très bas).
Le raid est en autonomie complète :
sans hôtel ou autre étape préprogrammée, le convoi transportant les tentes,
la nourriture, l’eau, l’essence et le gazole, les pneumatiques et pièces de
rechange.
Un 4*4 conduit par un guide suit
la piste principale (vitesse de croisière autour de 50 km/h). Le camion suit à
2 km environ, les quadeurs et la moto sont en sandwich, avec liberté totale de
rouler dans les nombreuses dunes qui longent la piste, par groupes d’affinité
pour s’aider (merci les drapeaux fluos pour se voir et déjouer les pièges :
quand vous voyez le drapeau partir en avant puis en arrière d’un coup,
c’est que le copain a buté sur un piège en redescendant la dune !). Il
n’ y a donc pas de traversée de massif dunaire (comme on peut le faire en
Tunisie, avec une assistance légère par un quad d’organisation et un bivouac
structuré avec essence), mais nous avons bien surfé dans les dunes bordant la
piste.
De plus cette formule «
à la carte » permet à ceux qui ont une baisse de forme ou qui débutent,
de rester dans le sillage du 4*4 ouvreur pour s’économiser.
Pour ceux qui conduisent
les 4*4 ce n’est pas de « l’extrême », mais c’est déjà
de la belle piste et une initiation au sable ainsi qu’au désert :
c’est une formule adaptée à des débutants ou débutantes, à des enfants
accompagnant, pas à des baroudeurs chevronnés (mais se planter dans les dunes
ou faire une casquette en 4*4, c’est nettement plus grave et difficile à gérer
qu’en quad). Si on le souhaite, un guide Mauritanien peut conduire.
La journée est coupée par 1
pause thé du matin, un déjeuner (fait par les cuistots, et servi à table !!)
et par toutes les pauses liées aux aléas mécaniques : pneus déjantés,
plantage sévère ou chutes… Mais aussi aux paysages et aux (rares)
rencontres.
En fin de journée, la caravane
s’arrêtent, les guides (supers sympa) montent les tentes, préparent le (bon)
dîner, y compris le pain en fin de raid (quand le pain n’était plus frais)
pendant que les quadeurs font des concours de franchissement de dunes ou
prennent l’apéro…
En milieu de raid, une étape à
Ouadane nous permettra de prendre une douche. (+ une autre au retour à Atar,
sinon il nous aurait pas laisser monter dans l’avion, malgré
nos toilettes aux lingettes bébé)
Le bivouac
Les quads sont en très
bon état (1 à 2 ans maxi) : ils sont en version « stock »,
seuls les 400 LTZ, très bas , sont équipés d’un sabot alu renforcé.
Pour les chaînes, pas de
lubrification et changement après une saison, ou dès quelle se détends trop
(le cardan est théoriquement sans soucis, mais les arbres de 250 parfois malmenés
peuvent casser quand on oublie de lâcher la gâchette pour passer les vitesses !).
Les pneus sont
d’origine, mais sur gonflés à 600 gr (pour éviter de déchirer les flancs),
même dans le sable et traités à l’anti-crevaison préventif (parfois complété
par une petite lichette en plus après crevaison).
Il y a beaucoup d’épines, qui
souvent restent dans le pneus sans entraîner de fuite…sauf si l’on commet
l’erreur de la retirer ! les épines de Palmiers et les ferrailles dans
les quelques villages sont également des menaces.
Les pressions des pneus et les
niveaux d’huiles sont vérifiés tous les matins par les mécanos Mauritaniens
qui s’occupent aussi de faire les pleins dans la journée (ils sont super
sympas, et les rapports agréables : les quadeurs participant quand même
un peu à la mécanique, aux déchargements du camion ou au montage du bivouac).
Pilotage
Pour apprendre à conduire dans
le sable et négocier les dunes, rien ne remplace l’expérience (surtout
mauvaise…), mais un principe est valable sur tout terrain, pour tout niveau,
à toute heure, et surtout à 700 km du premier hôpital mal équipé :
CONDUITE A VUE :
c’est vrai sur piste roulante ou dans l’herbe à chameau : une saignée
ou une bosse (après parfois 1 km de billard tout plat qui donne envie
d’envoyer) vous soulèvent par l’arrière et vous éjecte. Le quad pardonne
beaucoup moins que la moto (grande roue, grand débattement, et possibilité
d’éviter l’obstacle). Une vitesse de 50 km/h est correcte, à 70 km/h ça
va déjà très vite quand arrive l’obstacle, tout pilote et machine
confondue.
Notre motard, lui ,était à
l’aise à 110 km sur piste (et s’est remarquablement tiré du sable). Comme
beaucoup, je conduis debout le plus souvent : meilleure visibilité,
meilleur amortissement, moins de chocs dans le dos.
Dans le sable même problème,
conduite à vue : le pied de la dune, le sommet et la redescente sont
dangereux : risque de blocage avant, éventuellement après saut. (entorse
du poignet, luxation d’épaule ou casquette). Après s’être posé 10 fois
sur la crête de la dune, la tentation est grande de rouler gros gaz, mais
souvent grosse déception (et mauvaise réception) après la 11éme dune qui
cache un double saut derrière…
Selon la météo, la vision du
relief est difficile : prévoir masque transparent et lunettes solaires.
Dans tous les cas, il faut
vraiment être concentré et sur sa réserve, car le pépin reste la hantise
pour le débutant un peu fatigué comme pour le pro un peu confiant : une
blessure bénigne et vous finissez le voyage dans le camion, si c’est plus sérieux,
faites le 15 et attendez 4 jours…
Le plus intéressant sur cette photo, c’est évidemment
mon casque noir repeint en blanc (peinture à l’eau) pour éviter la chaleur.
Au retour la peinture est partie sous l’eau chaude
Comparatifs express des machines
Les Suzuki 250 LTF
étaient en attente de silentblocs de bras oscillant : ils n’ont pas de roulements mais seulement des
silentblocs qui souffrent, de même
sur les triangles avant.
Le Suzuki 250 LTZ est le quad de base : sa
prise en main est facile, ici, ou l’adhérence est faible, je n’ai pas
retrouvé cette facilité à le mettre sur 2 roues qui m’avait frappé en
France. Les montées en régime sont joyeuses, mais la puissance quand même
limitée dans les long ligne droites (il lui arrive de chauffer). Surtout le châssis
court et étroit le rend un peu instable au delà de 50 km/h. Dans le sable, les pneus un peu étroits et le manque de chevaux
l’arrêterons en premier de notre groupe, mais il va déjà très loin, et est
très facile à déplanter : on désensable l’arrière, on passe la première
semi auto, et on pousse le quad. Quand on le prend sur la tronche, il ne fait
pas trop mal : les débutants l’ont aimés, les pro n’ont pas trop déprimé
quant il devaient prêter leur 400 ou 700…
Le Suzuki Eiger 4*4 : certains quadeurs
sont persuadés qu’un 4*4 c’est mieux dans le sable : c’est faux :
le 4*4 va permettre de passer au même endroit qu’un 4*2 avec un peu moins
d’élan (c’est parfois sécurisant), mais la lourdeur de l’avant va gêner
et notamment dans les descentes de marche (chocs dans les bras). Quand il est
planté, il faut être 3 pour le sortir. Et quand on se retourne (c’est arrivé
sur un raid précédent), il est bien lourd : éviter l’extrême, mais
bien plaisant pour se balader dans le sable : il va plus loin que les 250,
avec moins d’effort. L’Eiger m’a semblé
plus stable, plus confortable, mais moins nerveux qu’un Kodiak (version auto,
il existe un semi auto). Dans le roulant, il est reposant. Le freinage par
tambour est nul (sur les 3 machines du parc)
Le Suzuki 400 LTZ : le grand pied …
Bien qu’habitué à mon Lakota semi- auto, la boite mécanique
ne m’a pas gênée (on ne fait jamais cirer l’embrayage, il faut juste débrayer
totalement sur la crête de la dune). Les performances sont excellentes
(vitesse, puissance, accélérations), et la tenue de piste meilleures qu’avec
les autres quads. Les pièges sont mieux digérés (bonne suspensions et poids léger)
il n’ y a qu’au delà de 70 km/h que le train avant, même assis sur le
bouchon de réservoir, devient très léger et peu directionnel.
Le moteur est souple sans plus (par rapport à mon quad habituel
il accepte mal les bas régimes en cinquième), mais yaka rétrograder…il
accepte de rouler tranquille à mi régime, mais qu’on lui demande plus,
et il donne (un vrai plaisir de monter les rapports et les tours). Dans
le sable, il va beaucoup plus loin que les autres, est facile à déplanter
seul, et facile à contrôler dans les sauts ou les réceptions. La fiabilité
moteur et châssis est bonne d’après Jean, le boss, en dehors des chaînes
(une par saison). La garde au sol arrière est très basse, il faut y faire
attention sur piste orniérée ou caillouteuse. Pour le trial et la rando-enduro
en France, je garde quand même ma
brelle. Kawa
700 V Force : trop fort pour moi… et pour beaucoup
d’autre !!Jean s’est
dit qu’un tel quad peinerait moins qu’un 250 et constituait une belle image
de marque pour un loueur : c’est logique, mais classeux ! A
l’usage, ce quad est quand même excessif : la puissance
est énorme (avec un bruit démoniaque).
Sur piste, on s’ennuie au ralenti à 2000 tours minutes (et on se ruine le
pouce avec la gâchette à mi course), mais dès qu’on croit pouvoir envoyer,
on se retrouve à 80/90 km et les obstacles se jettent sur vous, avec un train
avant lourd, qui pardonne au début, puis est saturé sans prévenir
(amortisseurs d’origine). Il est lourd dans les sauts si l’on accélère au mauvais
moment, le wheeling s’amorce... Dans le sable, la puissance infinie permet
des exploits (c’est lui qui va le plus haut, le plus loin), mais c’est le
seul qui est capable, sur une montée impossible de dune (ou tout quad ordinaire
se pose et s’arrête) de creuser avec l’arrière et de partir en wheeling
encore…Dans la redescente de dune, la moindre marche est répercutée dans le
guidon qui braque tout seul à fond : ça surprend grave. Quand il est
planté, il faut de l’aide à cause du poids. Bon, mois je suis petit joueur, mais un pilote de Banshee le
trouvait un peu difficile aussi. Beaucoup d’émotions et quelques frayeurs, c’est quand même
une sacré expérience… En conclusion :
Qu’il s’agissent de mon article ou des photos, je
parle plus de quad que des paysages mythiques traversés : mais vous pouvez
les voir, z’avez qu’a y aller…
PS : Il y a toujours des
cyberquadeurs pour dire que c’est trop cher…Mon point de vue est que le prix
est justifié par les prestations, l’infrastructure, et qu’il vaut peut être
mieux avoir un petit quad sans nerf bars, ligne FMF , etc… et de pouvoir faire un
tel voyage…
Organisateur :
New Gate Travel, 22 avenue Bouvard 74000
ANNECY
Tél : 04 50
46 90 23 - Fax : 04 50 46 90 97
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