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Dsc00495.jpg (104262 octets)Raid Lecteur -"Rêve de quadeur"

7 jours en Mauritanie

 Texte : Paul de Rosbo ( K2R) 

Crédits photos : Serge Delorme, William Luggaz, Marc Vansteelant

Bon, j’ai pas (encore !) fait Floyon ni la Transval, mais Atar Chinguetti et Fort Saganne, ça en jette aussi…

Pas compliqué : 7 jours, un chèque de 1800 euros pour Newgate Travel, qui m’a inscrit dans un groupe déjà constitué de 12 quadeurs Savoyards (+ 1 motard et un quatre-quatreux), 4h30 de vol direct (Marseille ou Paris/ Atar) et c’est parti… 

A l’arrivée, Jean PHILIPPE (le Boss) nous accueille et nous présente les quads : des Suzuki LTZ et LTF 250 (semi auto) (5), LTZ 400 (3), Eiger 4*4(3) et…  3 Kawa 700 VForce.

Toyota_4x4.jpg (31370 octets)Il est convenu que chacun pourra tourner entre les différentes machines selon son humeur.

Les 4*4 clients comme celui de l’ouvreur (qui transporte aussi les bagages) et des cuistots sont des Toyota double cabine équipés de pneus sable. Un camion Tatra 6*6 conduit par le Boss complète le tout : bref, du super matos.

Tatra_6x6.jpg (16989 octets)Il existe plusieurs itinéraires possibles en Mauritanie (je serai donc obligé de repartir l’année prochaine pour compléter mes connaissances). Nous convenons de partir vers l’est dans l’Adrar (El Beyyed, El gallawia, Chinguetti, fort Saganne) pour tenter de voir le Dakar dans les dunes (étape Tan-Tan Atar) : mais le tracé étant secret, cette « prime spéciale » nous sera refusée, le rallye passera à 80 km de l’endroit ou nous l’attendions !

Nous roulerons 6 jours (800 km au lieu des 1000 km prévus, vu notre quête du Dakar) dans des paysages très varié de dunes (en majorité sur notre itinéraire), de falaises, d’ergs . la Mauritanie est vraiment très belle, bien plus que la Tunisie ou le Maroc, à comparer au Sud Algérien, avec des distances plus courtes à parcourir pour que le paysage change.(c’est pas pour les nordistes, il n’y a ni bourbiers, ni bière MAIS le Ricard et le vin (apportés par les Savoyards) ont coulé à flot…)

La formule du raid est originale et bien adaptée aux quads, aux quadeurs quelque soit leurs niveaux, et au pays, ou il n’existe aucune infrastructure (essence, hôtel), mais ou le sable est roi (et les salaires très bas).

Le raid est en autonomie complète : sans hôtel ou autre étape préprogrammée, le convoi transportant les tentes, la nourriture, l’eau, l’essence et le gazole, les pneumatiques et pièces de rechange.

Un 4*4 conduit par un guide suit la piste principale (vitesse de croisière autour de 50 km/h). Le camion suit à 2 km environ, les quadeurs et la moto sont en sandwich, avec liberté totale de rouler dans les nombreuses dunes qui longent la piste, par groupes d’affinité pour s’aider (merci les drapeaux fluos pour se voir et déjouer les pièges : quand vous voyez le drapeau partir en avant puis en arrière d’un coup, c’est que le copain a buté sur un piège en redescendant la dune !). Il n’ y a donc pas de traversée de massif dunaire (comme on peut le faire en Tunisie, avec une assistance légère par un quad d’organisation et un bivouac structuré avec essence), mais nous avons bien surfé dans les dunes bordant la piste.

De plus cette formule «  à la carte » permet à ceux qui ont une baisse de forme ou qui débutent, de rester dans le sillage du 4*4 ouvreur pour s’économiser.

Pour ceux qui conduisent les 4*4 ce n’est pas de « l’extrême », mais c’est déjà de la belle piste et une initiation au sable ainsi qu’au désert : c’est une formule adaptée à des débutants ou débutantes, à des enfants accompagnant, pas à des baroudeurs chevronnés (mais se planter dans les dunes ou faire une casquette en 4*4, c’est nettement plus grave et difficile à gérer qu’en quad). Si on le souhaite, un guide Mauritanien peut conduire.

La journée est coupée par 1 pause thé du matin, un déjeuner (fait par les cuistots, et servi à table !!) et par toutes les pauses liées aux aléas mécaniques : pneus déjantés, plantage sévère ou chutes… Mais aussi aux paysages et aux (rares) rencontres.

En fin de journée, la caravane s’arrêtent, les guides (supers sympa) montent les tentes, préparent le (bon) dîner, y compris le pain en fin de raid (quand le pain n’était plus frais) pendant que les quadeurs font des concours de franchissement de dunes ou prennent l’apéro…

En milieu de raid, une étape à Ouadane nous permettra de prendre une douche. (+ une autre au retour à Atar, sinon il nous aurait pas laisser monter dans l’avion, malgré  nos toilettes aux lingettes bébé)

Le bivouac

Le_bivouac.jpg (38822 octets)Les quads sont en très bon état (1 à 2 ans maxi) : ils sont en version «  stock », seuls les 400 LTZ, très bas , sont équipés d’un sabot alu renforcé.

Pour les chaînes, pas de lubrification et changement après une saison, ou dès quelle se détends trop (le cardan est théoriquement sans soucis, mais les arbres de 250 parfois malmenés peuvent casser quand on oublie de lâcher la gâchette pour passer les vitesses !).

Les pneus sont d’origine, mais sur gonflés à 600 gr (pour éviter de déchirer les flancs), même dans le sable et traités à l’anti-crevaison préventif (parfois complété par une petite lichette en plus après crevaison).

Il y a beaucoup d’épines, qui souvent restent dans le pneus sans entraîner de fuite…sauf si l’on commet l’erreur de la retirer ! les épines de Palmiers et les ferrailles dans les quelques villages sont également des menaces.

Les pressions des pneus et les niveaux d’huiles sont vérifiés tous les matins par les mécanos Mauritaniens qui s’occupent aussi de faire les pleins dans la journée (ils sont super sympas, et les rapports agréables : les quadeurs participant quand même un peu à la mécanique, aux déchargements du camion ou au montage du bivouac).

Pilotage

Pour apprendre à conduire dans le sable et négocier les dunes, rien ne remplace l’expérience (surtout mauvaise…), mais un principe est valable sur tout terrain, pour tout niveau, à toute heure, et surtout à 700 km du premier hôpital mal équipé :  CONDUITE A  VUE : c’est vrai sur piste roulante ou dans l’herbe à chameau : une saignée ou une bosse (après parfois 1 km de billard tout plat qui donne envie d’envoyer) vous soulèvent par l’arrière et vous éjecte. Le quad pardonne beaucoup moins que la moto (grande roue, grand débattement, et possibilité d’éviter l’obstacle). Une vitesse de 50 km/h est correcte, à 70 km/h ça va déjà très vite quand arrive l’obstacle, tout pilote et machine confondue.

Notre motard, lui ,était à l’aise à 110 km sur piste (et s’est remarquablement tiré du sable). Comme beaucoup, je conduis debout le plus souvent : meilleure visibilité, meilleur amortissement, moins de chocs dans le dos.

Dans le sable même problème, conduite à vue : le pied de la dune, le sommet et la redescente sont dangereux : risque de blocage avant, éventuellement après saut. (entorse du poignet, luxation d’épaule ou casquette). Après s’être posé 10 fois sur la crête de la dune, la tentation est grande de rouler gros gaz, mais souvent grosse déception (et mauvaise réception) après la 11éme dune qui cache un double saut derrière…

Selon la météo, la vision du relief est difficile : prévoir masque transparent et lunettes solaires.

Quad_Fanion.jpg (59222 octets)Dans tous les cas, il faut vraiment être concentré et sur sa réserve, car le pépin reste la hantise pour le débutant un peu fatigué comme pour le pro un peu confiant : une blessure bénigne et vous finissez le voyage dans le camion, si c’est plus sérieux, faites le 15 et attendez 4 jours…

Le plus intéressant sur cette photo, c’est évidemment mon casque noir repeint en blanc (peinture à l’eau) pour éviter la chaleur. Au retour la peinture est partie sous l’eau chaude

Comparatifs express des machines

Les Suzuki 250 LTF étaient en attente de silentblocs de bras oscillant : ils n’ont pas de roulements mais seulement des silentblocs qui souffrent, de même sur les triangles avant.

450LTZ_en_action.jpg (40366 octets) Le Suzuki 250 LTZ est le quad de base : sa prise en main est facile, ici, ou l’adhérence est faible, je n’ai pas retrouvé cette facilité à le mettre sur 2 roues qui m’avait frappé en France. Les montées en régime sont joyeuses, mais la puissance quand même limitée dans les long ligne droites (il lui arrive de chauffer). Surtout le châssis court et étroit le rend un peu instable au delà de 50 km/h. Dans le sable, les pneus un peu étroits et le manque de chevaux l’arrêterons en premier de notre groupe, mais il va déjà très loin, et est très facile à déplanter : on désensable l’arrière, on passe la première semi auto, et on pousse le quad. Quand on le prend sur la tronche, il ne fait pas trop mal : les débutants l’ont aimés, les pro n’ont pas trop déprimé quant il devaient prêter leur 400 ou 700…

Eiger 4*4… (crédit photo William Luggaz) Le Suzuki Eiger 4*4 : certains quadeurs sont persuadés qu’un 4*4 c’est mieux dans le sable : c’est faux : le 4*4 va permettre de passer au même endroit qu’un 4*2 avec un peu moins d’élan (c’est parfois sécurisant), mais la lourdeur de l’avant va gêner et notamment dans les descentes de marche (chocs dans les bras). Quand il est planté, il faut être 3 pour le sortir. Et quand on se retourne (c’est arrivé sur un raid précédent), il est bien lourd : éviter l’extrême, mais bien plaisant pour se balader dans le sable : il va plus loin que les 250, avec moins d’effort. L’Eiger m’a semblé plus stable, plus confortable, mais moins nerveux qu’un Kodiak (version auto, il existe un semi auto). Dans le roulant, il est reposant. Le freinage par tambour est nul (sur les 3 machines du parc)

 Le Suzuki 400 LTZ : le grand pied …  Bien qu’habitué à mon Lakota semi- auto, la boite mécanique ne m’a pas gênée (on ne fait jamais cirer l’embrayage, il faut juste débrayer totalement sur la crête de la dune). Les performances sont excellentes (vitesse, puissance, accélérations), et la tenue de piste meilleures qu’avec les autres quads. Les pièges sont mieux digérés (bonne suspensions et poids léger) il n’ y a qu’au delà de 70 km/h que le train avant, même assis sur le bouchon de réservoir, devient très léger et peu directionnel. concours de dunes entre 400 près de Chinguetti Le moteur est souple sans plus (par rapport à mon quad habituel il accepte mal les bas régimes en cinquième), mais yaka rétrograder…il accepte de rouler tranquille à mi régime, mais qu’on lui demande plus,  et il donne (un vrai plaisir de monter les rapports et les tours). Dans le sable, il va beaucoup plus loin que les autres, est facile à déplanter seul, et facile à contrôler dans les sauts ou les réceptions. La fiabilité moteur et châssis est bonne d’après Jean, le boss, en dehors des chaînes (une par saison). La garde au sol arrière est très basse, il faut y faire attention sur piste orniérée ou caillouteuse. Pour le trial et la rando-enduro en France, je garde quand même  ma brelle.

Kawa 700 V Force : trop fort pour moi… et pour beaucoup d’autre !!Jean s’est dit qu’un tel quad peinerait moins qu’un 250 et constituait une belle image de marque pour un loueur : c’est logique, mais classeux !    crédit photo Marc Vansteelant ; au guidon : Serge Delorme  A l’usage, ce quad est quand même excessif : la puissance est énorme (avec un  bruit démoniaque). Sur piste, on s’ennuie au ralenti à 2000 tours minutes (et on se ruine le pouce avec la gâchette à mi course), mais dès qu’on croit pouvoir envoyer, on se retrouve à 80/90 km et les obstacles se jettent sur vous, avec un train avant lourd, qui pardonne au début, puis est saturé sans prévenir (amortisseurs d’origine). Il est lourd dans les sauts si l’on accélère au mauvais moment, le wheeling s’amorce...  Dans le sable, la puissance infinie permet des exploits (c’est lui qui va le plus haut, le plus loin), mais c’est le seul qui est capable, sur une montée impossible de dune (ou tout quad ordinaire se pose et s’arrête) de creuser avec l’arrière et de partir en wheeling encore…Dans la redescente de dune, la moindre marche est répercutée dans le guidon qui braque tout seul à fond : ça surprend grave. Quand il crédit photo Marc Vansteelant ; au rappel : encore Serge Delorme est planté, il faut de l’aide à cause du poids. Bon, mois je suis petit joueur, mais un pilote de Banshee le trouvait un peu difficile aussi. Beaucoup d’émotions et quelques frayeurs, c’est quand même une sacré expérience…

En conclusion :

arrivée à fort Saganne (à l’arrière plan la passe d’Amojar) Qu’il s’agissent de mon article ou des photos, je parle plus de quad que des paysages mythiques traversés : mais vous pouvez les voir, z’avez qu’a y aller…

PS : Il y a toujours des cyberquadeurs pour dire que c’est trop cher…Mon point de vue est que le prix est justifié par les prestations, l’infrastructure, et qu’il vaut peut être mieux avoir un petit quad sans nerf bars, ligne FMF , etc… et de pouvoir faire un tel voyage…

    Organisateur :

New Gate Travel, 22 avenue Bouvard 74000 ANNECY

Tél : 04 50 46 90 23 - Fax : 04 50 46 90 97

Mail : contact@newgate-travel.com - Web : www.newgate-travel.com

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TransVal 2003
JDQ #1

1024 x 768 recommandé

  

 

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