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Essai longue durée Traxter max 500Texte : Hervé Gaillard - Photos : Nico
Le Traxter 500 est une des machines que la rédaction connaît sûrement le mieux, pour en posséder une depuis bientôt trois ans, car c'est le quad perso de Nico, pillier des randos de la rédaction ! Nico à d'abord possédé le Traxter, puis sa version "max". Pour faire un essai véritablement objectif (un propriétaire est toujours subjectif sur sa machine habituelle), nous avons demandé à Everset le prêt d'un 2e "TMax" pendant 3 mois, afin que je puisse rouler dessus suffisamment, pour m'en faire ma propre opinion. N'ayant pas de quad "régulier" (Je change au gré des essais et des machines que les importateurs nous confient), cela augurait une analyse moins partiale.
Seuls les modifications entraînées par l'homologation CE ne sont pas au niveau de la finition générale, comme par exemple la mauvaise étanchéité des phares "homologués", et autre commodos de clignotants, indignes d'une machine de ce niveau de prix. Hélas, ce problème n'est pas réservé au Traxter ni à Bombardier : il est commun à quasiment tous les quads qui ne sont pas conçus en version homologuée d'origine. La quasi totalité de la production mondiale, qui est destinée au marché nord américain à la base, souffre des mêmes symptômes, dès qu'elle subit les méandres de l'homologation ! Hormis ce point, le Traxter Max est une superbe machine, qui regorge d'astuces et de solutions technologiques originales... On notera :
Le poid aussi est inhabituel : 363 kg annoncés, ce qui avec environ 2M30 de long, fait du Traxter Max une sorte de "Hummer" du quad !
En mode manuel, pour un motard ou ex-motard, c'est un régal, le passage des vitesses peut se faire à la volée façon moto, mais d'un coup de pouce, au lieu d'un mouvement de cheville ! l'embrayage est géré par le système, avec un système centrifuge doublé d'un débrayage automatique pour le passage des rapports.
La boite étant maîtrisée, on peut l'oublier pour profiter du confort de la machine. Pour un quad à essieu arrière rigide, le Tmax offre un confort royal, tendance pullman !!! Bien sur un quad à suspension arrière indépendante sera encore plus efficace, mais le Traxter est très loin d'être inconfortable... Le poids devient un avantage sur chemin roulants, les suspensions travaillent bien et le quad file comme sur un rail, avalant trous et bosses sans broncher. Seules les hautes vitesses (Le Tmax peut atteindre 95 KM/H sur route, bien lancé) sur chemins défoncés et les ruades du train arrière vous inciterons à adapter votre style de conduite au caractère de l'engin... Le Tmax, c'est une bête de somme, pas un cheval de course, utilisé comme il se doit, il vous emmènera loin et longtemps, en toute sécurité. Le freinage est irréprochable, surtout vu la masse à stopper ! On dispose d'un freinage séparé, même si avec le 4X4 permanent, c'est les 4 roues qui seront freinées, qu'on actionne l'avant ou l'arrière ! Le frein avant étant évidemment le plus efficace avec ses deux disques. Franchissement : Dans les passages techniques, son centre de gravité très bas donnera une stabilité étonnante en dévers et permettra des franchissements avec une sensation de sécurité importante. Sur les rochers et autres, le Tmax se dandinne avec facilité. Si le dévers est très gras, la motricité phénoménale des 4 roues compensera notablement le poids qui pourrait entraîner la machine dans la pente. C'est impressionnant au début de s'aventurer sur de tels obstacles, au guidon de ce "percheron", mais grâce à la gamme courte et au couple énorme à bas régime, on abordera cela à vitesse "rampante", généralement sans faire patiner aucune des roues. Toutefois si d'aventure le Tmax glissait et se retrouvait en mauvaise posture, genre coincé contre un arbre en contre bas, il faudra être plusieurs quadeurs ou disposer d'un treuil (ou tirefort) pour le remettre sur le droit chemin, la masse à déplacer étant tout de même non négligeable ! En réalité et en pratique, plus que que le poids, c'est l'encombrement (longueur + largeur) qui s'est avéré la cause des rares galères que nous avons connus avec. Quand les arbres ont poussés (ou sont tombés) trop nombreux sur les bords d'un chemin abandonné, étroit et torturé, conjugué avec un dévers et quelques racines (!), il arrive de devoir batailler avec dame nature (vive la scie !)... Sur des chemins normalement entretenus ou fréquentés, ce genre d'incident est exclu, mais au détour d'une reconnaissance sur des chemins inconnus, il est prudent de faire passer un autre quad devant, car le Tmax ne se manœuvre pas comme un vélo et demandera de la place pour un demi-tour. Le rayon de braquage est supérieur aux quads habituels, il faudra parfois reculer pour pouvoir négocier un virage en épingle. L'effort au guidon est important pour tout virage serré, en particulier sur les tronçons de bitume. La garde au sol n'est pas "extraordinaire" mais suffisante pour qu'il soit difficile de poser la machine sans garder la possibilité de l'en extraire seule... Nous n'y somme jamais arrivé hormis dans un bourbier infâme à Valloire, mais sur les chemins et même dans la neige profonde, rien a craindre. Là ou les autres quads passent, le Tmax passera aussi ! Glisse et conduite "sportive" : passer votre chemin, le Tmax n'est pas joueur, seuls des pneus en fin de vie ou surgonflés vous consentiront quelques travers. Sinon il faudra brusquer violemment l'engin sur le gravier ou equivalent, pour obtenir une glisse... très limitée !!! Ce n'est pas un jouet, contrairement a beaucoup de quads, mais un outil qui est essentiellement efficace... Le coté ludique n'est pas au programme, il faut le savoir. Rando : pour de la balade ou rando à un rythme tranquille, le Tmax rempli le contrat, se faisant totalement oublier tant qu'on ne se prend pas pour un échappé des circuits ! A un rythme plus soutenu, la direction sera physique, le train arrière parfois secouant, et l'inertie de la machine finira par vous faire comprendre que le plaisir est plus dans une conduite coulée qu'agressive... Un cheval de trait, pas un pur sang, on vous le disait ! Les gués profonds (testé avec de l'eau par dessus le capot avant !) sont une formalité et le Tmax vous ramènera a bon port sur les pires itinéraires. Travail / usage utilitaire : Avec son pont arrière rigide, la traction de lourdes charges se fera sans écraser les suspensions (comme un tracteur), la boite mécanique et la gamme courte permettront soit une faible vitesse régulière, indispensable en agriculture, soit un frein moteur efficace en descente, bref, le Traxter "Max ou pas" est né pour travailler... Le "Max" et son empattement rallongé offrira plus de stabilité encore en terrain accidenté, rendant le retournement en montée ou descente "quasi-impossible"... Enfin, l'accessibilité pour l'entretien courant est hors-normes, la selle s'ôtant en quelques secondes et permettant d'accéder aisément au moteur, filtre a air et différents niveaux... Bilan fiabilité : sur 1200 km en trois mois, seul le commodo de cligno aura nécessité un remplacement pour cause d'oxydation, suite a une infiltration d'eau boueuse. Cela est sûrement du à un bourbier traversé "un peu fort" ;-), la "vague" ayant recouverte intégralement le quad (et le pilote) de haut en bas !! Notons aussi que les commodos d'origine (shifter, etc) sont d'une qualité parfaite, mais que ceux des clignos sont ajoutés pour l'homologation en Europe et visiblement beaucoup moins "haut de gamme".
Pour un usage loisir pur, il peut séduire ceux qui souhaitent une machine "conçue pour durer", prête a démarrer par -20°, une machine pratique et simple d'utilisation ou il n'est jamais besoin d'enclencher le pont avant ou de bloquer le différentiel, tout cela avec la possibilité d'embarquer un passager dans un bon confort. Les plus :
Les moins :
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