Pdv 2004 - Team Nouvelles Evasions / JDQ
Texte et photos : GFK51
DEFINITION DE LA POISSE
Tout avait pourtant
bien commencé, lorsque l’idée
à germer d’engager un quad sous les deux bannières, les pilotes étaient motivés, pour avoir
suivi tout au long de l’année la préparation de
l’excellent prédator du boss, Thierry Van den Daele.Tout semblait se profiler
pour le mieux .
Mais déjà commençons par la machine :
Dans le secret des chefs
Tout
au long de cette année mon amitié avec Thierry m’a permi de suivre pas à
pas l’évolution de sa préparation en vue de la commercialisation de pièces
et autres accessoires, dont une bonne partie importé par sa société,
permettant d’ avoir une machine capable de rivaliser face aux armes actuelles.
La
partie cycle déjà excellente d’origine se voit gonflée à bloc avec l’arrivée
d’un train avant large tout droit venue des ateliers roc-racing ( Pascal
Rochereau), un élargissement arrière,
une colonne de direction modifiée, un bras oscillant modifié, le tout suspendu
par trois amortisseurs Elka Elite, autant vous dire que coté comportement
difficile de faire mieux.
Pour répondre aux normes des endurances et plutôt que de
bêtement copier , le dessin d’un réservoir en alu est créé et aussitôt mis en
fabrication.
Là c’est du grand art, très
honnêtement une des
plus belles pièces jamais conçus de ce style, reprenant la courbe agressive du
prédator et rechignant le moindre espace pour augmenter le litrage, un travail
d’orfèvre, splendide avec sa finition polie mais surtout c’est désormais 25
litres embarqués !
Le
moteur maintenant : malgré plusieurs moteurs de base modifiés dans les mains de
l’équipe belge, dont le résultat étaient déjà très prometteur, un coup de
fil m’annonce la couleur !
Prédator 500 … non 600 !!!
« salut, Gaël , tiens j’ai reçus mon kit 600 "hot-seat" des états-unis... passe le voir c'est
quelque chose… » La couleur était annoncée , là il a craqué !
Rendez-vous était donné, pour voir le morceau, cylindre /
piston / carbu "edelbrock",
etc ... Rien qu’à voir c’était déjà superbe mais une fois monté …
Pouah !!!!!!!!!!!
Le son qui sort de la ligne Yoshimura est monstrueux,
chaque coup de gaz vous glace le sang, allez c'est parti pour faire un petit essai...
mais attention au régime, rodage oblige ! Ca pousse grave dès le premier contact
: ça
part très bas dans un couple impressionnant, on joue un peu sur les
gaz et là, pan la claque dans le… les montées en régime sont brutales
et franches... Quel couple terrible ! Je ne jouerai que très peu de temps
cette fois ci car l’ensemble pousse au viol, mais rodage c'est rodage. Bref,
j’étais comme un gamin en descendant de cette machine .
Maintenant reste à voir la fiabilité, c’est pourquoi ce moteur avait été
monté bien avant : c’était "le test" !
Beaucoup d’heures de terrain ( 50 à 60 ) servirent à voir la fiabilité en
condition sévère de l’ensemble... et malgré la puissance et le comportement démoniaque
de l’ensemble et bien ça avait tenu !
La date fatidique approchant le moteur fut démonté avec
une satisfaction total , donc il était naturel que ce soit CE kit moteur qui parte
à pont de Vaux, malheureusement la veille de partir, la commande d'un kit 600
tout neuf était toujours
quelque part entre les Etats-Unis et la Belgique.
Ca commence …
Partis depuis plus d’un mois la commande se faisait désirer
de jours en jours, perdue entre les US et la Belgique, aie PDV sans moteur ça va
être dur ! Tous les jours un timide "ça va arriver", mais rien n’y fait,
faut trouver une solution, tant pis on remonte des pièces de
l’ancien moteur avec des éléments neuf : "ca va aller" ! Oui pour aller le
montage c’est bien passé... seulement à 12 h de partir le premier essai c’est
avéré catastrophique : une des pièces moteurs spécifique que l’on
attendais, et que l’on a remonté
de l’ancien s’est avéré défaillante et à lâchée en endommageant sérieusement
le reste ! Là on est mal...
A situation d’urgence mesure drastique, tant pis on démonte
tout et on remet un moteur quasi stock, dans l’urgence, de nuit, décalant
ainsi notre départ. Pas le temps de tester
on charge et on s’en va, avec une nuit de boulot déjà dans les
pattes, déjà là fallait être motivé car ça commençais à sentir mauvais.
La route ? Tellement de précipitations orageuses
qu’un premier arrêt s’avère nécessaire, bref un voyage houleux !
Arrivé à Pont De Vaux, là c’est le bouquet : c’est le
déluge, de l’eau partout de la boue partout, les tractopelles s’activent
pour étendre du cailloux afin de pouvoir accueillir les camions, on a jamais vus ça... le terrain est détrempé complètement,
décidément ça continue !
Le départ au contrôle technique
Enfin nous sommes en place et prêt, au fait il serait
temps de regarder à la machine ! ça démarre pas de problème, on monte
les pièces spécifiques, quand vient l’heure du départ en ville. On fait un
petit essai quand même, très court... C'est le visage livide que le boss rentre et
nous annonce qu’il y a un souci, les vitesses passent bien, tout est en ordre
sauf que le sélecteur a du mal à remonter en place comme s’il coinçait !!!
Bon ça ne doit pas être très important, certainement du
au remontage hâtif dans la nuit du départ. Le seul hic, c'est qu’il faut ouvrir le
bloc et c’est du boulot ! Décision est prise de partir au contrôle
technique et à la parade, puis de retravailler sur le moteur au retour, autrement
dit tard la veille de la course ! De toute façon avec toutes les tuiles déjà
survenues c’est avec un pragmatisme déconcertant que nous établissons les
taches de chacun. Retour de la parade vers 23h30 : la moitié de l’assistance déjà
présente au camion a tout préparé pour l’intervention "chirurgicale".
Au final, un coup de lime de 10 secondes pour ébavurer le
logement d’axe, pour 1 h de démontage dans les règles et tout rentre dans l’ordre, enfin
presque. Le démontage
se faisant dans des conditions « précaires » ce n’est pas comme
à l’atelier ou nous avons toute les pièces sous la main.
Ayant démonté coté embrayage, le joint doit être changé, et oui... mais
on en a pas ! Pas grave : de la patte à joint ira très bien, on remonte
l’ensemble dans un souffle de joie perceptible. Oui mais non ! On re-teste
: idem ! même problème ! C’est pas possible ! Thierry qui connaît
la machine par cœur nous dit : je m’en doutai ! Et oui ce bête
joint offrait une surépaisseur qui nous manque maintenant, on re-démonte, et
par quelques manip’, tout rentre dans l’ordre, l’heure est déjà bien avancée mais au moins ça marche !
Debout très tôt pour les essais, on aborde ce début de journée fatigués
et anxieux, normal : c’est le début de la course et devant tant d’imprévus on tendais un peu le dos !!!
Début des essais
: le terrain toujours aussi pourri par les
orages la veille, un tour et voilà notre joujou qui rentre au stand, là
c’est le découragement , même problème que la veille ! tant pis on re-re-re-re-démonte.
On va finir par la dompter cette guigne ! En fait rien de grave juste le
ressort au dernier remontage qui s’était mal positionné, mais encore là
plus de démontage / remontage qu’autre chose, c’est repartis un Thierry fou
furieux profite des quelques instants d’essai qu’il nous reste. Tout
est rentré dans l’ordre ! Ca essore dur de la poignée comme pour conjurer
le sort et mettre un terme à tout ça.
L’ambiance se relâche enfin , et nous pouvons regarder sous un meilleur
angle cette course pour laquelle nous nous serons tant battus .
Tout se prépare donc en vue du départ, l’ambiance aussi
paradoxal que cela puisse paraître se relâche et tout le staff est fin prêt
pour le grand départ.
C’est parti …
Les quads sont sur la ligne, malgré une très bonne blague
du speaker et un faux départ idéal pour casser la concentration des pilotes,
le départ est enfin lancé, ayant confié ce rôle à Thierry, car c’est lui
qui possède la plus grande expérience, nous avions élaboré notre stratégie
sur un certain rythme de relais,
au loin on ne voit rien lorsque l’on nous annonce un accrochage au départ
tout le monde part un quad semble rester sur la piste la pression monte chez
nous, soudainement le pilote en retournant sa machine , nous apercevons la lueur
du soleil qui reflète sur le réservoir alu , Bon sang c’est nous ! le
pilote immobilisé sur le terre plein central reprend les commandes direction
les stands, nous sommes fin prêt dans les stands, morts d’inquiétude . Thierry
arrive enfin : il a l’air mal en point, en fait il s’est fait percuté de
plein fouet au départ par un concurrent qui a rasé d’un peu trop près la
ligne de départ, le comble ! check-up rapide de la machine c’est aussi
l’hécatombe : dans le salto le réservoir est foutu, percé, la colonne de
direction un peu pliée...
En deux temps trois mouvements nous avons déjà refait
la machine et c’est au tour d’Eric de prendre le relais ( quand on vous disais
motivé c’est pas seulement un mot) on soigne Thierry qui
a visiblement très mal au dos et d’une façon général partout !
Eric roule environ 45 mn et nous sentons que ça ne va pas
, arrêt au stand, la machine ne va pas elle dérive en ligne droite. Benoît reprend le relais car au coup d’œil on ne voit pas très bien d’où cela
puisse venir. Il roule idem 45 mn avant de rentrer et nous annonce le même
constat, maintenant c’est sur vu la violence du choc il y a plus grave. Nous
prenons donc la décision d’arrêter l’hécatombe avant de devoir faire face
à plus grave encore. La déception
est grande , mais nous nous remettons à la sagesse de Thierry VDD avec son désormais
célèbre : « ca va aller ! »
Pour conclure, je garderai un souvenir impérissable de cette
aventure, tant positif que négatif, mais plus fort que tout c’est surtout la
rage et la flamme que peut faire surgir dans les compétiteurs, ce type d’événement
de haut niveau. Et ça malgré toutes les embûches et autres poisses.
Je tiens à remercier la société Nouvelles Evasions et
particulièrement Thierry Van Den Daele, qui est un des plus
grands monsieur que je
connaisse à tous les points de vue, Sabine, John , et bien entendu le JDQ pour son aide ainsi que mes
copains Ericz et Benoît .
Gfk 51
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