|
| |
Essai 300
ADLY Sport « ThunderBike »
Texte
et photos : Hervé Gaillard
Depuis
le temps qu’il était annoncé, ce fameux 300cc, on désespérait de le voir
arriver en concession, c’est fait... 200 Unités ont été livrées, et les
700 qui arrivent sont déjà vendus !
Coté look, le ThunderBike annonce la couleur :
« va y avoir du sport »… Un faux air de 400 LTZ, rien à dire ce
quad à «de la gueule » !
Le look, c’est bien mais ça fait pas rouler plus vite ni
mieux, hein…
Revue de détails :
La
finition est bonne, on peut même dire « haut de gamme » pour du
quad Taiwanais ! La particularité de cette machine est sa marche arrière
à « tirette » qui demande de prendre le coup de main : appuyer
sur un bouton sur le levier d’embrayage, embrayer, puis tirer la tirette ( !)
vers le haut, le tout au point mort.
Pour repasser la marche avant, il suffit de
repousser la tirette. A l’usage ce système
est simple et efficace, même si il n’a pas l’ergonomie d’un levier
classique « AV-AR » au réservoir.
Les
comodos sont corrects, les rétros efficaces, rien a redire sur la finition
globale et l’équipement général de ce quad, à ce niveau de prix (5250 E).
Comme tous les quads sportifs ou d’initiation sportive (cette catégorie
correspond mieux au 300 ADLY), le dessous du châssis au niveau moteur, manque
de protection pour un usage rando en terrain caillouteux… Vous en serez quitte
pour acheter on fabriquer un sabot, si besoin.
Le disque et la couronne sont
protégés « modérément » par un élément en tôle, mais la SIMA
travaille déjà sur un sabot plus sérieux… (kevlar, alu ?).
Le
freinage intégral au pied est de rigueur, plus le levier droit qui agit sur
l’arrière (frein de secours/parking).
Les trois disques stopperont vos
ardeurs les plus extrêmes sans difficultés.
Caractère :
A peine les premiers tours de roues effectués, le moteur surprend par sa réponse
à bas régime et sa vivacité, c’est un vrai « 300 » (282cc en
fait), avec un caractère de monocylindre typé…
Dans
le monde des quads Taiwanais, ce qui manque habituellement, c’est simplement
« un moteur » a savoir que les 150cc et même certains 250cc sont
cruellement poussifs, au point que la préoccupation de 95% des acheteurs de ces
machines est de trouver une solution (illusoire) pour gagner des « chevaux »…
Sur ce 300cc, si vous avez envie de plus de chevaux, un
conseil : achetez un 400cc ou plus !!!
Enfin
une motorisation dynamique chez les taiwanais, même si le 250cc
bi-cylindre SMC/Barossa/Xroad avait
déjà réveillé la catégorie…
Là, on a en plus un châssis efficace et des suspensions
d’origine performantes, ce qui n’est pas franchement le cas sur le 250
SMC, qui doit impérativement troquer ses « bouts de bois »
d’origine contre des éléments à la hauteur de sa motorisation.
Avec notre 300 « Sport » d’essai, avouons que
ça faisait longtemps qu’on avait pas autant pris de plaisir, sur un quad
Taiwanais à moins de 6000 E…
Plutôt que de parler de quad « sportif »,
il convient en réalité de parler de « machine d’initiation sportive »,
catégorie à la limite inférieure des « sport-loisir » comme les
400 LTZ, 400 EX, etc. Cette mise au point est indispensable, ce quad n’étant
pas destiné à la compétition mais bien a un usage loisir et « modéré ».
Pour les circuits de cross et les endurances, d’autres machines seront
plus adaptées et efficaces (A quand un 450 ADLY « racing » ?).
Le
Thunderbike 300 se rapproche beaucoup du 300 Lakota (Kawasaki) ou d’un YFM
350R (Yamaha) dans son gabarit et son coté joueur.
« JOUEUR » :
est le mot juste, car il suffit de l’inscrire en courbe avec le guidon,
puis de mettre du gaz pour une glisse facilement maîtrisée et « naturelle »
de la machine. Le moteur nerveux, souple et coupleux (« pour un 300 »,
ça fait déjà beaucoup !) n’oblige pas a jouer de la boite en permanence. Il
acceptera même de rouler sur le dernier rapport à un rythme tranquille. On
pourra lui reprocher un léger manque de puissance à haut régimes (ce n'est
qu'un 300 cc ne l'oublions pas), mais l’engin vous emmènera tout de même
avec vigueur à 85 km/h sur terre et 95 sur bitume. (Soit les perfs d’un 450
kodiak / 500 Sportsman / 500 Traxter, etc)
D’un autre coté, le 300cc sort par conception
les 15KW maxi que la réglementation autorise… Il n’est pas bridé,
ce qui permet d‘éviter la tentation de le débrider…
Certains
trouveront les vitesses « limitées » (j’entend déjà le « moi
je vais plus vite avec mon super méga maxi 250 homo prépa avec échappement
trucmuche ») mais il faut surtout comprendre qu’avec la boite mécanique
et l’embrayage, c’est les accélérations et reprises qui sont étonnantes,
sans parler des départs ! La vitesse n’est pas (et ne sera jamais !)
un critère important sur une machine de loisir, ou les performances sont moins
importantes que les sensations et… le plaisir, tout simplement !!!
Notez
aussi que la machine n’avais que 400 km au compteur, donc que le moteur ne
donnait probablement encore pas ses performances maxi.
Nous n’avons pas comparé le 300 (faute de temps) en
rando rapide avec des gros baroudeurs type 450 kodiak ou 500 Sporstman, mais il
est probable que le 300 suivrait le rythme facilement, compte tenu de son
rapport poids/puissance très favorable.
Le
260 Hytrack et le 150 Mxer qui accompagnaient le 300 lors d’une sortie
nocturne se faisaient proprement « atomisés », ce qui n’a rien de
surprenant. Par contre, la machine nous a paru plus nerveuse et rapide que le
300 Lakota, sensations à confirmer lors qu’un comparatif futur…
Moteur ok donc, mais le châssis est il à la hauteur
vous demandez vous ?
Châssis :
Les
dimensions sont « correctes » pour la catégorie, légèrement supérieures
en largeur (110 cm) et longueur à celles d’un 250 KXR et même d’un 300
Lakota pour comparaison. La position debout est hélas contrariée par un
guidon trop bas, comme souvent sur les quads de ce gabarit. La pose d’une
rehausse de guidon sera donc le premier investissement pour le futur propriétaire.
En
action, à des vitesses élevées, le châssis et les suspensions se jouent
parfaitement des trous et bosses parsemant les chemins. Sur nos parcours tests,
un chemin creusé par des flaques profondes (asséchées en cette saison) de
parfois 40 bons cm, n’a pas réussi à occasionner le moindre talonnement, démontrant
de très bonnes performances coté amortissements des gros chocs. Bien sur, pour
encaisser de tels obstacles il vous faudra rouler debout, jambes semi fléchies,
pour participer à l’amortissement, comme un véritable pilote…
Pistes
rapides : Au delà de 70 Km/h sur la terre, vous devrez toutefois être
conscient de la légèreté (et du petit gabarit) de l’engin, qui peut réagir
aux variations du terrain et vous demandera une tenue du guidon « concentrée »,
et aussi des réflexes pour corriger la trajectoire (du pilotage quoi...).
L’avant pourra donc être jugé un peu flou à
haute vitesse, mais il s’agit d’un comportement en rapport avec la catégorie
et le budget de la machine : sur qu’avec quelques cm de plus, des amortos
à 1000 E le bout, on gagnerai en stabilité, mais bon, il s’agit d’une
machine d’initiation ou de loisir, pas d’un quad de course ! Puis on
roule pas tout le temps à ces vitesses, les chemins qui le permettent
(visibilité) n'étant pas si fréquents.
Evidement
aussi, un quad de 270 ou 340 kg paraitra plus « stable » aux mêmes
vitesses, mais en contrepartie, bien moins facile a rattraper et beaucoup plus
« physique » dans ses réactions au guidon, sur une saignée par
exemple.
En pratique, ce quad permet de rouler de manière largement
assez rapide dans les chemins et il est mieux suspendu que tout ce qui existe
sur le marché, du coté des « petits » quads Taiwanais ! En résumé,
le comportement est sain (mais parfois un peu « sportif » si on l'emmène
aux limites) et le freinage très performant (même si on aurait aimé un frein
avant séparé) grâce aux trois disques.
Trialisant/franchissement :
Un petit 4x2 permet des tas de choses, et le ThunderBike
n’échappera pas à la règle. On pourra opter pour une dent de moins au
pignon de sortie de boite, car la première est un poil longue dans le
technique/trialisant et demandera trop souvent de jouer avec l’embrayage. Le
couple du 300cc devrait toutefois permettre de gravir les grosses pentes sans
difficultés. Malheureusement nous n’avons disposé de la machine que peu de
temps (100 km parcourus tout de même) et pas pu réaliser de tests en situation
de ce coté.
Notez que le disque et la couronne limiteront forcément la
garde au sol, qui reste honorable malgré tout.
Un 300 ADLY, pour qui, pour quoi faire ?
-
Pour
les ex-motards, qui veulent une machine légère, un peu joueuse et économique
sans toutefois avoir besoin d’un monstre de puissance. La boite mécanique,
pour un motard, c’est un gage de nervosité et de plaisir. Attention, un
quad 4T de 300cc, c’est pas une 250 (moto) d’enduro… le rapport poids/puissance
fait que les accélération seront toujours plus violentes sur une moto.
Mais pour celui qui veut se balader "tranquille", en se lâchant
un peu de temps en temps, le 300cc est une bonne entrée en matière dans la
planète quad !
-
Ce 300 peut aussi être un premier pas vers une machine
de sport, pour les quadeurs qui n’ont jamais été initiés aux boites de
vitesse, mais qui veulent découvrir
le « pilotage » et plus de sensations moteurs que sur les 250 cc
à variateur, qui font l’essentiels des ventes aujourd’hui.
-
Enfin, pour le quadeur averti qui randonne
principalement sur des chemins qui n’exigent pas un 4x4, qui aime la
glisse « tranquille », mais n’a cure de rouler sur un gros
quad et ou pas le budget…, le ThunderBike permettra de suivre les copains
équipés de cylindrées supérieures, voir de les précéder !
-
Par contre, pour celui qui n’a ni l’expérience
du quad, ni des vitesses (et de l’embrayage manuel type moto), le 300 est
à notre avis un peu trop réactif et performant pour commencer.
les Plus
-
Machine joueuse
-
Performances et sensations moteur
-
Rapport qualité/performances/prix
-
Suspensions d'origines efficaces
-
Boite précise
-
Freinage puissant
Les Moins
Conclusion :
Le 300 Adly « sport » est le premier quad
« d’initiation sportive » véritablement abouti,
issu de la production Taiwanaise. Il ne s’agit pas d’une véritable
machine sportive (n’espérez pas courir « Pont De Vaux » avec
« tel-quel », il n’est pas fait pour ça !), mais croyez
nous, il offre déjà son lot de sensations, et demandera à être véritablement
piloté pour en tirer le meilleur ! A l’heure actuelle, il n’a pas de
concurrents, grâce à son homologation, le bon équilibre moteur/chassis/suspensions
et un prix attractif (Un poil moins cher que le 250 KXR).
Seule inconnue la fiabilité, le 300cc étant le premier
quad de cette cylindrée chez ADLY. Pas vraiment de quoi s’inquiéter, car le
SAV de la SIMA, lui n’est pas un inconnu. Cette « vieille maison »
important des motos tout-terrains depuis des dizaines d‘années et de fameuses
marques italiennes depuis quelques années. La SIMA est même LA pépinière de
champions Français en enduro (moto) depuis toujours. Le regretté Marcel
Seurat, fondateur de la SIMA, n’avait pas son pareil pour recruter et former
les futurs champions…
Gageons que l’esprit de compétition qui a toujours guidé
la SIMA, se retrouvera prochainement dans l’engagement d’un 300 ADLY en
course… Ce quad est si proche d’une machine sportive, que nous sommes
convaincu que l’idée d’un grosse préparation à déjà germé sous la
chevelure frisottée de Jean-Michel Paquient, « docteur es quad » de
la SIMA !
Données constructeur
|
|

MOTEUR
|

|

|

|
|

|

|

|

|

|
|

|

Type
|

|

Monocylindre 4 temps,
simple arbre à cames en tête
|

|
|

|

Cylindrée
|

|

282 cm3
|

|
|

|

Alimentation
|

|

Carburateur KEIHIN
|

|
|

|

Boîte de vitesses
|

|

5 rapports + marche arrière
|

|
|

|

Démarrage
|

|

Electrique
|

|
|

|

Refroidissement
|

|

Air
|

|
|

|

Allumage
|

|

Electronique
|

|
|

|

|

|

|

|
|

|

PARTIE CYCLE
|

|

|

|
|

|

|

|

|

|
|

|

Cadre
|

|

Double berceau tubulaire
à, section carrée
|

|
|

|

Frein avant
|

|

Double disque hydraulique
|

|
|

|

Frein arrière
|

|

Disque hydraulique
|

|
|

|

Suspension avant
|

|

Double amortisseur réglable
et double triangulation
|

|
|

|

Suspension arrière
|

|

Mono-amortisseur réglable
|

|
|

|

Pneus
|

|

Avant 22 x 8 x 10 - Arrière
20 x 11 x 10
|

|
|

|

Poids à sec
|

|

179 kg
|

|
|

|

Empattement
|

|

1150 mm
|

|
|

|

Longueur x Largeur x
hauteur
|

|

1750 x 1100 x 1070 mm
|

|
|

|

Hauteur de selle
|

|

830 mm
|

|
|

|

Capacité du réservoir
|

|

10,3 litres
|

|
|

|

Place assise
|

|

2
|
|
| |
|