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« Un 6x6 dans la neige »

Les 17 / 18 Janvier 2004

Texte et Photos : Etienne Manzoni

Arret_Photo-1741.JPG (83662 octets)Quand on parle de quad, on pense généralement à des engins à 4 roues (en 4x2 ou 4x4, sport, loisir ou utilitaire) qui représentent, il est vrai, la majorité des machines du marché. Il existe aussi des machines plus imposante telles les mules / ranger / rhino … ou encore les 6x6 : c’est d’une telle machine dont je vais vous parler ici, mais pas dans sa configuration standard : avec un kit chenilles équipant les 2 essieux arrières.

Detail_chenille-1791.JPG (76924 octets)Ce type de machine n’est pas très courant car son utilisation correspond à des besoins particuliers. Dans notre cas, ce quad est utilisé pour faire le trajet entre le foyer de ski nordique du Barioz (1450 m d’altitude, sur la commune de St Pierre d’Allevard dans le massif de Belledonne, non loin de Grenoble, en Isère) et le refuge du Crêt du Poulet situé à 1726 m d’altitude, sur un plateau.

Refuge_arriere-1854.JPG (86861 octets)Ce refuge est ouvert tout l’été, mais l’hiver uniquement les week-end et pendant les vacances scolaires : en effet pendant la « saison froide » ce sont des bénévoles qui assurent son fonctionnement (bénévoles dont j’ai la chance de faire partie…). L’accès routier n’est assuré que jusqu’au foyer de fond : ensuite il faut chausser skis de randonnée, raquettes, ou skis de fond (alternatif ou skating).

Dameuse-1755.JPG (101470 octets)Le foyer dispose d’une dameuse pour entretenir les pistes de fond (50 km de piste de ski alternatif et skating entre 1450 et 1950 m d’altitude) et faire les « traces ».

Une motoneige ne sert que pour les secours. Le BigBoss (un 'vieux' modèle !) lui, est exclusivement utilisé pour ravitailler le refuge (alimentation, produits divers, …) et pour transporter les affaires (vêtements, duvets,…) des bénévoles. Malheureusement la benne du BigBoss n’est pas assez grande : c’est pourquoi un traîneau a été confectionné pour être tracté, avec ainsi une capacité de chargement augmentée.

Moto-neige-2563.JPG (73445 octets)La première impression lorsque l’on découvre la machine, c’est qu’elle est imposante (même pour moi, habitué à mon Artic Cat 300 4x4 qui n’est pas spécialement un petit gabarit), par sa longueur et sa hauteur (la benne donne cette impression). Le kit chenille ajoute un coté « utilitaire passe-partout » qui ne laisse pas indifférent.

Selecteur-1795.JPG (64963 octets)Ce qui peut néanmoins surprendre lorsque l’on observe de plus prêt, c’est la transmission arrière : par chaîne entre le bloc moteur et le premier essieu arrière, et une reprise par chaîne entre le premier et le second essieu arrière. On pourrait, en effet, s’attendre à un cardan mais il semble que Polaris soit arrivé assez tard (par rapport à d’autres constructeurs) à cette technologie. Il est à noté que la transmission avant est aussi par chaîne !

BigBoss_arriere-2564.JPG (99414 octets)On remarque aussi un amortisseur central sur chaque essieu arrière ce qui autorise le passage dans des endroits « assez chauds » : je n’ai pu essayer la machine que sur la neige et sur du plat ou en pente légère.

Venons-en à la conduite du 6x6 : démarrage impeccable (avec une commande de starter très pratique, mais ne pas oublier d’ouvrir l’essence…).

Amortisseur-1792.JPG (74395 octets)Le moteur 400cc tourne bien et fait un bruit « sérieux ». (le levier de sélection est à droite avec les positions Arrière, Neutre, Grande et Petite vitesse). Attention : il est impératif de passer les gammes au ralenti uniquement ! Sinon les pignons « crient » pour vous rappeler votre oubli. Coté réservoir : pas de jauge !Tableau-1796.JPG (88128 octets)

Après un petite marche arrière pour sortir la machine de son garage, la mettre sur la piste et atteler son traîneau, on s’aperçoit très vite que la machine est lourde et qu’il faut avoir des bras « costauds » pour tenir le guidon (je béni alors mon entraînement avec l’AC300 qui n’est pas très souple non plus !). On emmène ensuite le BigBoss sur le parking, prés des véhicules, pour charger le matériel (dont mes skis de fond) et le ravitaillement pour le refuge. Et c’est parti pour la montée vers le refuge en suivant la piste de ski de fond (dénivelé de 276 mètres sur 5 km). Suite aux chutes de neige de la nuit précédente, la piste est fraîchement damée mais déjà en cours de recouvrement par une petite neige ronde qui ne cesse de tomber…

BigBoss_gauche-1802.JPG (64201 octets)Je commence doucement pour me « faire la main » en gamme courte (car la piste commence par un « raidillon » sympa : courageux les fondeurs !) Je sens rapidement un certain patinage des chenilles sur la neige (pas assez tassée !) et je découvre aussi qu’un virage serré est impossible : le train de chenille poussant avec fermeté la machine droit devant.

Arret_Photo-1748.JPG (58785 octets)Les premières centaines de mètres m’apprennent aussi que l’accélération est à utiliser avec souplesse, sinon la machine se met très facilement à patiner (mais ne s’arrête pas pour autant !) et devient délicate à manœuvrer. De même sortir de la piste damée montre vitre les limites de la machines dans la neige, fraîche et légère (20 cm de poudreuse). J’ai compris bien plus tard la raison des difficultés rencontrées !

Detail_chenille-1799.JPG (74837 octets)Le problème principal dans cette situation est que la direction est presque inexistante… il faut donc éventuellement utiliser la marche arrière mais c’est très délicat avec le traîneau attelé qui se met systématiquement en travers : le timon du traîneau est trop court rendant difficiles manœuvres en marche arrière, et plus embêtant encore le timon en V vient buter contre les chenilles (au risque de les dégrader).

Frein_disque-2566.JPG (70099 octets)Maintenant que la montée se passe relativement bien (pas encore atteint le 1er virage !), je décide un petit arrêt photos (faut penser un peu au JDQ ! Le redémarrage en douceur se passe sans problème et j’arrive rapidement au premier virage : vues les « faiblesses » découvertes précédemment, j’ai décidé de prendre un virage très large pour ne pas avoir de problèmes ni avec la direction, ni avec le traîneau.

Le problème c’est que seul l’intérieur du virage est damé Chaines_arriere-2565.JPG (71695 octets) et j’ai compris trop tard mon erreur quand le quad refuse de virer malgré les roues braquées au maximum, qu’il commence à patiner quand je mets les gaz et que la marche arrière est impossible à cause du traîneau…(mais qu’est ce que je suis venir foutre dans cette galère que j’me disais !).

»Bravo mon gars ! déjà planté au bout d’1/4 d’heure…t’es sur que t’es fait pour le quad ? ».

Trace_fond-1852.JPG (112944 octets)Mais j’en ai vu d’autres, je suis Savoyard et je ne peux pas rester planter là comme un c.. : y m’attendent au refuge !.

Et là j’aperçoit un courageux fondeur qui m’observe, apparemment un peu sceptique… je lui demande son aide et sa réponse :

«j’aime pas bien les moto-neiges… », et de répondre à mon tour « moi non plus, mais c’est le ravitaillement du refuge… !!!

Il m’aide donc gentiment à déplacer le traîneau pour le remettre dans la direction de sortie du virage… désolé, un peu stressé je n’ai pas pensé à sortir mon APN pour une petite photo (y faudrait toujours être deux sur les reportages !)

BigBoss_dans_la_neige-1768.JPG (60026 octets)Après quelques manœuvres avant-arrière, un peu de patinage et une belles trace dans la neige, j’arrive enfin à me sortir de la poudreuse et raccrocher les roues puis les chenilles sur la piste damée : une bonne sueur et un apprentissage que je n’oublierais pas de sitôt.

La suite du parcours et les 5 virages suivants ont été abordée avec prudence (mais plus sereinement) et un seul mot d’ordre : RESTER SUR LA PISTE DAMEE. Je devais aussi faire attention à ne pas endommager les traces faites par la dameuse pour les ski de fond et c’était parfois limite… mais j’ai réussi. Après l’arrivée au refuge et le déchargement du BigBos et du traîneau, on dételle le traîneau et on range le quad dans une petite cabane qui abrite aussi le groupe électrogène pour les nocturnes…

Refuge-1848.JPG (99950 octets)Il a neigé tout le week-end et je n’ai pu faire qu’une boucle de 3,5 km en ski de fond avec les enfants (nous étions 2 couples avec nos 7 enfants âgés de 3 à 12 ans : ils sont montés au refuge en ski de fond ou en raquettes). Le reste du temps était consacré à nos client randonneurs : préparer les repas, mettre du bois dans les 2 poêles qui chauffent le refuge, faire et servir les boissons chaudes (chocolat, thé, café et vin chaud, ma spécialité : 10 litres passés dans le week-end !), accueil des personnes au gîte (il y a 23 places dans le dortoir).

A la fin du week-end, retour au foyer avec le quad et son traîneau. Là les choses furent carrément plus compliquées : neige fraîche, brouillard épais et quasiment de nuit, pratiquement impossible de suivre les pistes : un enfer…Je vous passe les détails du retour, mais j’étais bien heureux de retrouver le foyer de fond et nos voitures sous 50cm de neige…

Refuge_de_loin-2234.JPG (88037 octets)Comme je n’aime pas rester sur une défaite, le week-end suivant je me proposais de faire à nouveau le voyage en quad pour monter au refuge. Mais cette fois-ci le temps était dégagé, la piste parfaitement damée et j’avais une co-équipière pour me venir en aide si nécessaire. Même scénario que le week-end précédent, impossible de prendre le premier virage ! et c’est alors que l’IDEE m’est venue : le quad serait, comme qui dirait, un peu trop chargé à l’arrière (charge dans la benne mais aussi attelage du traîneau) empêchant les roues avant d’accrocher correctement… Ma co-équipière s’installe donc sur le porte bagage avant et le virage est passé comme un lettre à la poste (quoique, en ce moment…). Voilà j’avais la solution à notre problème : inutile de vous dire que le reste du parcours fut une simple formalité...

Arrivé au refuge, j’ai rangé la bête dans « l’étable » et je suis tranquillement redescendu en ski de fond, content d’avoir découvert ce qui rendait « impilotable » la machine.

Conclusion : une expérience enrichissante et rare, sur une machine hors du commun. C’est parfois dur les reportages pour le JDQ…

Les chenilles n’avaient pas des crampons très importants, ce qui rendait difficile aussi le déplacement dans la neige, mais cela permet en contre-partie de rouler aussi sur tout-terrain avec les même chenilles.

Foyer Communal de Ski Nordique du BariozChenilles-2569.JPG (72957 octets)

38830 Saint Pierre d’Allevard

Tél : 04 76 71 06 47 (réservations et Renseignements)

Commune de Saint Pierre d’Allevard :  www.mairie-saint-pierre-dallevard.fr

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TransVal 2003
JDQ #1

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