AVENTURE : La Traversée de l'Ain
"Et si on ralliait chez toi depuis chez moi par les
chemins..."
Texte et photos : Hervé Gaillard / Nicolas
Robert
Relier
Annecy à la vallée de la Saône par les chemins (soit plus de 200 Km) : ce projet difficile nous
a tout de suite emballé et les reconnaissances ont
débutés aussi sec !
Depuis, 150 Km ont déjà été reconnus avec la traversée de la Dombes et
l'escalade (!) des contrefort rocheux qui marquent le début du Bugey. La
traversée complète de cette dernière région au relief marqué sera l'objet
d'un prochain article.
9H30, départ de Misérieux : des chemins très rapides en
bordure de forêts, dotés de nombreux virages, procurent un peu de glisse
(légère !) au 260 Hytrack, peu joueur par nature. Le 500 Traxter-Max, lui, ne
perd que très rarement l'adhérence pour ne pas dire jamais et la glisse lui
reste inconnue ! Il nous faudra trois heures pour atteindre Lagnieu sur un
tronçon déjà reconnu alternant champs, prés, mais surtout des sous-bois.
Depuis
la dernière fois des changements étaient intervenus sur le terrain (pose de
rocher...) et nous avons du modifier quelques peu la balade. De nombreux
arbres en travers ont eux aussi ralenti notre progression. Les rares bourbiers commençaient
seulement à se remplir et c'était finalement plutôt sec.
Après
Lagnieu, c'est l'aventure qui nous attend : une falaise abrupte se dresse devant
nous et nous devons l'attaquer par un sentier qui inspire peu de bons sentiments
!!! Un autre chemin, plus large et prévu au départ, était interdit par des
panneaux. Sur notre supposé "chemin", bien que de vieilles traces
montrait qu'un tracteur était passé, c'est méchamment étroit et la question de savoir si
ça débouche au bout nous taraude...
Quelques
dizaines de mètres plus loin seulement, le sol n'est plus que roche. Une petite marche, conjuguée à la pente
importante et un léger devers, fait patiner
le Hytrack qui glisse brusquement... . A cet instant, la végétation bordant le chemin laisse
soudainement la place au vide : des centaines de mètres d'à pic ! Sentir son
quad partir en travers à l'aplomb d'un précipice est un moment intense dans la
vie d'un quadeur, mais heureusement le Hytrack et ses "excavator" (ses
pneus !) n'aura perdu l'adhérence qu'une fraction de seconde, juste le temps de
nous rappeler aux lois de la gravité. Peu rassurés par cette entrée en
matière, on se pose de plus en plus de question sur notre "grande
idée" de passer par là !
Ca
grimpe, encore et toujours et à force, on se retrouve au sommet, sur un chemin
en bordure très (trop ?) proche de la falaise... Là aussi, on découvrira
(surprise !!!) le bord du précipice seulement quand les fourrés
s'éclairciront ! Bien, on domine la région, il fait beau... mais il va bien
falloir redescendre et ça risque d'être "sport" si ça continue dans
la même veine. Les bois tourmentés qui s'en suivent, comme les chemins défoncés par les engins
forestiers, sont très plaisants aux guidons de nos quads que rien ne semble
pouvoir arrêter.
Tout d'un coup, au détour d'un virage, nous sommes interpellés
par des "locaux", ramasseurs de champignons, nous signalant que
"tout est interdit
sur la commune : moto, 4 x 4, quad, etc..." et de prendre garde à l'ONF qui pourrait
nous mettre une amende.
N'ayant vu
aucun panneau sur les chemins empruntés, nous ne savons quoi penser... Nous
décidons de continuer quand même, car l'idée du même parcours en sens inverse
ne nous tente guère. Un peu plus tard, une descente vertigineuse s'offre à
notre regard, taillée dans le rocher et truffée de pierres roulantes, elle se
termine dans des bois insondables tout en bas de la vallée... Aucune
route ne traversant le paysage, il faut choisir de continuer ou pas : si la
descente parrait possible, rien ne dit que le 4 x 2 remontera la pente en cas de demi-tour obligatoire.
Nous
somme à environ 80 Km du départ et il en reste au moins autant pour le
retour : nous
déciderons donc de garder nos forces pour rentrer. Coupant la portion dangereuse
par la route, nous croiserons quelques ouvriers sur un chantier nous suggérant de
passer par un chemin en précisant "je passe en moto, ça devrais passer
en quad"... Nous déclinerons la proposition, ayant eu notre lot de
sensations pour la journée !!! Les paysages étaient superbes, tout autant que
la difficulté du terrain, mais l'envie de retrouver des chemins connus nous
rassure pour le retour qui devrait être moins mouvementé !
Dans
la nuit tombante et le brouillard que l'on avait quittés en milieu de matinée,
les 80 Km retour furent parcourus "gaz en grand", c'est à dire à 40/50
Km/h en pointe ;-) dans les chemins (NDLR : si Hervé, le rédac'chef, roule parfois un peu rapide
avec le Hytrack, Nicolas, lui, roule toujours prudemment pour éviter de se faire
surprendre : il tient sur son quad uniquement à la force des bras, et pourrait
se faire éjecter sur une bosse prise trop rapidement car Nico est
paraplégique). La fatigue se ressentait
et le froid amplifiait sûrement le phénomène quand enfin vers 17H30 nous
retrouvons la chaleur de la maison. Plus qu'une reconnaissance, c'est (encore
!) une véritable aventure commune que nous avions vécue...
Tracé
: une grande partie sur le GR de pays Beaujolais-Bugey puis GR59 ensuite. Chaque
zone d'interdiction (aux véhicules à moteur) a été contournée par la route
ou d'autres chemins. Le GR de pays est très mal balisé (balisage très ancien
ou disparu) et il est facile de perdre sa trace par endroits. Ce tracé est à éviter formellement
les week-end d'été comme presque tous les GR...
Fréquentation : sur 160 Km nous avons croisé un groupe
de 30 marcheurs du coté de Pérouges (village médiéval très touristique
l'été), puis 3 cueilleurs de champignons dans les bois de Souclins (qui
s'avéreront interdits). Les
premiers nous ont remerciés de notre courtoisie : nous avions coupés les
moteurs et garés les quads sur le talus pour leur laisser le passage. Les
seconds, moins souriants, nous en mis en garde contre l'ONF.
Interdictions : la commune de Souclin a le panneau
facile (les chemins de la commune nous sont tous interdits !!!). La présence de l'ONF
n'y est sûrement pas étrangère ! Quoi qu'il en soit il faudra trouver un
contournement, ce que nous allons faire la prochaine fois en compagnie d'un
guide local, grand connaisseur du Bugey et qui... "connaît tous ces
chemins" !


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