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Fallait pas… sortir dimanche !Texte et photos : Yann Durand alias "NéoQuad"
Après un début
de week-end bien rempli, nous ne pouvons enfourcher nos quads que dimanche vers
16h00. Et c’est avec une certaine envie que nous décidons de mettre plein
gaz dans un bois bien connu de nos crampons (enfin, que nous croyions !).
Nous convenons de suivre les moindres chemins et détours de ce bois, afin
d’en découvrir les secrets restants. Le bois est
relativement plat, boueux, avec de grosses ornières et aussi quelques bourbiers
mais que nous prenons toujours soins de contourner avec nos MXer (je suis déjà
resté bloqué plus de 2h dans l’un d’eux, mais ça, c’est une autre
histoire !) Un
peu moins d’une heure que nous tournons et nous découvrons un petit sentier
que nous suivons : il est étroit mais plutôt sympa. Il nous amène en
haut d’une pente (tiens, c’est pas si plat que ça ici !). Nous nous
regardons, examinons la forte déclivité du terrain car nous savons très bien
que nous nous trouvons devant le plus gros défaut de notre quad : c’est à
dire la sécurité en descente. Eh oui, il faut le reconnaître, ces petits
quads ont beaucoup de qualités, mais là où il faut être avertis et bien
conscient des faiblesses de sa machine c’est bien dans cette situation. Car
si le freinage est trop marqué, les 4 roues peuvent se bloquer et le quad
risque de partir de travers et
enfin finir sa course en bas après une certaine figure de style que je voudrais
éviter de connaître. LiliQuadeuse
(courageuse mais pas téméraire) me propose de passer bien gentiment devant. Je
m’engage doucement, freinant à juste mesure, mais il faut dire que ça
descend fort. Je décide de lâcher complètement mes freins et de me laisser
aller (je vous jure, c’est moins dangereux !). J’arrive en bas content,
me retourne et aperçois le 2éme quad en haut. Ouah ! C’est encore plus
raide vu d’ici ! C’est clair même à pied c’est casse gueule !
C’est au tour de ma comparse de se lancer, un filet de gaz et la voilà arrivée
au milieu de la pente. Je vois ses roues se bloquer… Ouf ! elle relâche
les freins à temps et finit sa course derrière moi. Nous nous rendons compte
que c’était peut-être un peu risqué de s’engager ici, mais après s’être
remis de cette petite frayeur nous voilà déjà repartis.
Nous
commençons à déchanter. Le terrain de jeux ne nous amuse plus vraiment
surtout avec les passages techniques que nous rencontrons. Après une petite
frayeur (j’ai faillis retrouver mon quad 5m plus bas, mais je me suis agrippé
au porte-bagage arrière…glisse assurée… Je l’ai échappé belle !
(Et ils appellent ça un frein de parking). Nous arrivons devant un petit dévers
où une moto passerait les doigts dans le nez, mais nous… Après plus d’une
demi-heure, nous passons un premier quad. Nous commençons à fatiguer, nous forçons,
tirons, poussons, mais en vain, impossible de passer le deuxième quad, le
premier passage ayant trop effrité le sol devenu maintenant instable. Il se
fait tard. Le ciel s’assombrit. Il est 19h00 quand nous nous résignons à
l’abandonner, quitte à aller chercher de l’aide plus tard. Mais
nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises, la ravine est de plus en
plus étroite. Tant bien que mal, nous arrivons au bout de ce chemin et quel
bout !! Une monté de 4 mètres, facile me direz vous ? Mais si je
vous dis une monté à 70% avec un devers… La fatigue est bien là, le stress
aussi, mais il faut continuer à garder son sang froid. Cela fait maintenant
presque 4h que nous sommes partis. Après
concertation, je suis désigné (ben tiens !!) pour essayer de franchir cet
obstacle. (Message de
LiliQuadeuse : c’est normal après tout, car c’était MON
quad qu’on avait laissé une demi-heure plus tôt et qui risquait de passer la
nuit dehors ! Et puis vous imaginez la scène si j’abîmais le quad de
Monsieur…) Elle était morte de trouille, oui ! ;-). Je
prends un peu d’élan plein gaz et, pratiquement arrivé en haut, je commence
à patiner et à glisser sur la gauche et WROUM…J’atterris dans les arbres
(du coté dévers). Je m’agrippe au frein et évalue la situation. GLEURP, le
quad est juste retenu par le guidon qui s’est pris dans une grosse branche et
un arbre abattu qui s’est glissé entre les passages de roues. J’essaye de
mettre plein gaz pour me déloger, mais impossible, les roues tournent dans le
vide ! Je demande à LiliQuadeuse d’apporter la corde (que nous
trimballons toujours dans notre sac à dos, comme quoi, cela donne des leçons
de rester planté dans un bourbier) et de l’attacher solidement à l’avant
du quad et à un arbre. Je peux enfin décrisper mes doigts des freins,
descendre de ma monture et m’examiner… Rien à déplorer, même pas une égratignure…
sur ce coup-ci j’ai eu de la chance ! Nous
essayons encore de pousser, de tirer, d’accélérer : Le moteur aussi fatigue
à force d’enfoncer la gâchette. Nous n’en pouvons plus, je ne sens plus
mes bras après tous ces efforts tout comme LiliQuadeuse. Je décide d’arrêter
là, la nuit tombante me fait ravaler ma fierté et je persuade ma coéquipière
qui ne veut pas rentrer sans au moins un quad… Mais mieux vaut sortir du bois
maintenant pendant qu’il reste un semblant de lumière, que de s’acharner
sur un quad qui a décidé de ne plus bouger et de se retrouver dans la nuit
noire au beau milieu des bois !! Nous
sortons du bois, la nuit est bien là et il est plus de 22h. Devant nous des
champs (heureusement que nous connaissons le coin !). Nous nous dirigeons
vers le hameau le plus proche (10 habitants), c'est-à-dire à plus de 4 kms . Bien sûr arrivés
là bas personne ne répond (tous en vacances ???). Nous décidons de faire
du stop : 1ère voiture, 2ème, 3ème :
elle s’arrête. Son conducteur nous prête son portable (que nous
n’oublierons pas de prendre lors de nos futures balades, c’est promis !)
et appelons le beau-père pour qu’il vienne nous chercher. Nous arrivons à
la maison, il est 23h. Bilan : un quad abandonné au fond d’un ravin,
l’autre pendu à un arbre et 2 pilotes pas fiers d’eux. Quelle journée
de fous… Le lendemain
(lundi matin 8 h) : Nous
sommes déjà prêts pour aller chercher nos quads. LiliQuadeuse et Patrick (le
beau-père super sympa, top cool et jeune’s…bon j’en fait peut-être un
peu trop là !) ont du prendre leur journée car pour eux ce n’est pas
les vacances, ils étaient censé aller au boulot !! Nous passons
prendre le Papi et son outillage puis direction le bois. Nous arrivons après 20 minutes de
marche. Ouf, ils sont toujours là, mais à la tombée de
la nuit cela paraissait beaucoup, mais alors beaucoup, moins impressionnant... La
corde a bien tenu. Je vois la tête de beau-papa passer par toutes les couleurs, c’est sûr nous ne recommencerons
pas de si tôt !! Le Papi fait vrombir sa tronçonneuse pour couper le tronc qui empêche les roues de toucher terre. Nous arrimons le quad avec plusieurs cordes et là, il nous sort un drôle d’outil, mais qu’est-ce que c’est ??...Quoi ? Un tire-fort (NDLR : treuil à bras), connaît pas !
En voilà un de
sauvé, je l’éloigne du bord, fais le tour pour voir la casse…mais lui
aussi a eu de la chance, il n’a rien… Juste une fuite, quoi une fuite, une
fuite de quoi ?? Et oui, avec la station prolongée à la verticale, le réservoir
n’a pas aimé et l’essence s’est vidée par le trop plein (il y en avait
aussi plein le filtre à air, mais ça, vu plus tard…) Résultat : un
quad à sec ! Nous
allons maintenant chercher le 2ème quad qui se trouve à 500 mètres
environ derrière ce satané dévers. Nos accompagnateurs se demandent encore
comment nous avons pu arriver jusque là ! Je pilote tandis que les 6 bras
réunis me hissent jusqu’en haut de cet obstacle. C’est fou comme à
plusieurs c’est facile à franchir (et presque marrant, mais ça faut pas le
dire !). Ils m’assurent
dans les passages techniques et nous voilà devant le mur. Même technique que
précédemment : un coup de tire-fort et le voilà aussi libéré. Ça y est nous
nous en sommes sortis et, maintenant, Il faut rentrer. Plus d’essence dans
le premier quad mais pas de panique : une corde, un quad qui marche, cela
suffit pour rentrer ! Et me voilà lancé sur la route tracté par
LiliQuadeuse sur plus de 9 km. Arrivés
à la maison, photo souvenir de cette grande équipe et c’est la fin, enfin, d’une drôle de sortie
: Il est déjà midi... La morale
de cette histoire : Le quad est une activité superbe, mais qu’elle comporte des risques et
qu’il faut donc prendre certaines précautions : Comme sortir toujours avec une
corde, un téléphone mobile (je ne parle même pas du casque pour moi
indispensable) et de faire attention dans les chemins que l’on ne connaît pas
(si possible faire une reconnaissance à pied avant) Cette sortie nous
aura donné une bonne leçon pour l'avenir… |
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