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et petites routes en bordure de Loire nous amènerons au pieds des vignes, pour déguster
(modérément !) quelques crus locaux.
Un "vendanges tardives" 1990 fut particulièrement apprécié ! A noter que la cave est un ancien château troglodyte.
Plus
tard nous longerons l'Indre et la Vienne. Toujours de superbes constructions, partout ou l'on passe.
Pour contourner les passages techniques (Evelyne voulait une rando à son
niveau : que du facile), nous avons empruntés pas mal de goudron, mais principalement
sur des routes désertes. Sur la route, les Hytrack étaient parfaitement rassurants.
En
chemin, nous avons surpris un moulin en parfait état, puis visiter un
constructeur de barques en bois, embarcations traditionnelles sur la Loire.
La
traversée de Chinon fut l'occasion de découvrir des maisons à colombages
'croisés', jamais vues avant pour ma part... puis ce fut rapidement le retour,
via un bout de route pour sortir de Chinon. La
visite du château d' Ussé, (par l'extérieur uniquement vu l' heure tardive)
dont un bâtiment des communs abrite l' hôtel, sera le bouquet final de la
journée. Petite halte devant le donjon, puis passage sur le pont-levis aux planches
bruyantes ! Ce château qui inspira les contes de Perrault, possède une architecture
unique.
Bilan : une journée exceptionnelle
par la variété des paysages et l'aspect culturel plutôt inhabituel dans une
rando. Bravo
à Eric pour le choix de son tracé, pour sa gentillesse, pour tout en vérité
(Sauf pour la cuisine : c'est madame qu'il faut remercier !). Nous reviendrons,
c'est certain... Le magazine à d'ailleurs décidé d'organiser une rando au
"Clos d' Ussé" pour les membres du club, surtout qu' Eric à un
projet d' hébergement indépendant spécial quadeur, pour pouvoir randonner ou
discuter jusque tard sans réveiller tout l' hôtel ;-) ! Contact : Le clos
d' Ussé - Tel/Fax 02 47 95 55 47 Maintenant la parole est à
Evelyne, pour sa première "grande rando" seule au guidon d'un quad...
Rando à Ussé, par Evelyne
"Convaincant, rassurant, Hervé Gaillard avec sa
bonne humeur, a réussi à m’embarquer pour une rando dans les Châteaux de la
Loire. "Quel dangers ?? Il n’y en a pas", affirme t'il !
Arrivés à Rigny-Ussé (NDLR : et 600 km de route plus
tard !), nous sommes accueillis par Eric et
Murielle, tellement gentils que j’avais presque oublié que certaines
personnes comme cela existaient encore.
L’apéro et un bon repas nous attendent, mais
l’enthousiasme d’Eric pour nous montrer les merveilles de sa région est
tellement fort que nous ne résistons pas à monter sur ses belles machines, les
Hytrack, pour aller rouler sur les bords de la Loire. Tellement emballés, nous
en oublierons le dessert et déjà les machines ronflent devant le charmant petit
hôtel de pierres blanches encadré de fleurs et de pergolas chargées de
verdures.
Un ballon montgolfière quitte le sol, nous ratons le
spectacle, mais le ciel rose, bleu, semblable à du coton teint, n’échappe
pas à notre regard. Pendant cette escapade nocturne, c’est sur le bord de la
Loire, dans ce cadre féerique que nous avons hâte de nous connaître, de nous
parler tant le courant passe.
J’en ai les larmes aux yeux, la sérénité envahit
mes entrailles, vous comprendrez plus loin pourquoi. Nous avons coupé les
moteurs et le va et vient constant des oiseaux sur l’eau, chassant les insectes
dans la demi-obscurité, me distrait quelques longs instants... je n’écoute déjà
plus les garçons qui parlent de quad.
Au
loin déjà, le ballon montgolfière éclairé soudain
d’une grande lueur orange, survole les toits d’ardoises pointus ainsi que le
fleuve et les bois, puis il s’éloigne. Quand je tourne ma tête de l’autre côté, c’est le château d’Ussé
illuminé, qui surgit dans la nuit, encadré d’une forêt sombre. Pareil à un
conte de fée, charmée comme une petite fille, j’ai envie d’aller voir de
plus près et quand Eric décide de continuer, alors seulement je baisse les yeux sur ma
machine, imposante, haute, mais facile à piloter.
J’ai hâte de tourner la clé pour entendre le bruit du
moteur, puis nos machines se croisent et s’entrecroisent pour changer de
direction, nos phares éclairent les hautes herbes, l’eau, les canards, puis
l’harmonie semble s’installer entre la nature, la nuit,
l’engin et moi. Je n’avais pas connue cela depuis longtemps. Vite, ne rêvasse plus et fonce rejoindre les autres
quadeurs qui déjà s’éloignent dans la nuit. Mais comment cesser de vibrer de son plus fort intérieur
quand lorsque je traverse le pont face au Château d’Ussé, j’ai comme
l’impression que celui-ci me tend les bras tant il est imposant, majestueux,
presque vivant, avec ses portes, ses fenêtres, ses recoins, ses toitures
multiples dont les perspectives ombrées semblent nous adresser un message. Il nous parle du passé mais le présent est là avec la
fatigue et nous rentrons dormir car il me semble, d’après le guide, que la
journée de demain sera longue mais belle. Bercée par les discussions masculines sur les moteurs, les
randos à venir, je m’endors, épuisée,
en espérant que je n’aurai pas peur le lendemain.
Effectivement, lorsque le ciel bleu apparaît le matin, derrière les rideaux,
j’ai hâte de partir. Vite, vite ! Après un super petit déjeuner accompagné de jus
d’orange, de bonnes confitures et de brioches, nous chargeons les vêtements
de pluie, l’eau, faisons le plein d’essence et enfin le départ. Je me laisse guider par Eric, parfaitement confiante tant
sa prudence est de rigueur pour notre sécurité; j’ai l’impression de
foncer, j’ai envie de foncer tant le plaisir est là lorsque j’accélère,
et lorsque je sens le moteur vrombir un peu plus. Mais la nature m’appelle et je ralentis car au fil des
kms, champs de blé, de maïs, forêts, fleuves et rivières, oiseaux, maisons
aux pierres de tailles blanches, jardins merveilleux de roses, vignes, sentiers
étroits bordés d’habitations troglodytes... ne cessent d’attirer mon
regard.
Pour atteindre un plateau qui domine la région, nous avons
pris une route à grande circulation et je suis heureuse de réaliser que je
n’ai pas peur. Mon Hytrack est rassurant par sa masse et il se pilote si bien
sur la route également. Nous rencontrons un barrage de gendarmerie, très sympa avec
nous, qui assureront notre sécurité lors de notre départ. Nous
ressemblons presque à un petit convoi ! Tout cela nous donne faim et soif, et nous mangeons dans un
tout petit bar-snack à Chouzè sur les rives de La Loire.
Puis nous grimpons sur un plateau qui domine toute la région
parmi les vignes et des moulins encore bien conservés. Des champs de
couleurs verts et jaunes dégradés, des forêts, une abbaye royale, et des châteaux
et encore, encore, et même un chevreuil 'furtif'. La beauté dans toute sa perfection,
la perfection de l’homme et de la nature. Tout y est. J’en oublie les
douleurs. Nous arrivons même à déguster du vin à côté de
Champigny et à acheter quelques bouteilles que nous installons sur le quad de
Nicolas car c’est le seul qui ne boit pas ;-). Pour visiter la vieille ville de
Chinon et son château, il vaut mieux être sobre !
Nous sommes fatigués car nous avons fait beaucoup de kms
mais comment résister tant il y a de choses à voir; lorsque nous arrivons,
nous le regrettons mais... à ma
grande surprise, Eric nous propose le tour du Château d’Ussé.. en
quad, là je ne le crois pas ! C’est lorsqu’il compose le code confidentiel de
l’entrée du château que je commence à y croire. Nous passons par l’arrière de celui-ci sur un chemin qui
domine toutes les toitures du château, le soleil commence à se coucher sur ce
merveilleux joyaux d’architecture.
Puis nous le contournons toujours avec nos machines,
passons sur un pont-levis en bois. La visite est finie. Le rêve est fini.
Allons vite retrouver le petit hôtel avec la chaleur des ses propriétaires et
son personnel. Ils nous font oublier que demain il faudra repartir, grâce à leur
gentillesse.. mais aussi devant un bon bourgueil et une viande marinée au vin, aux épices
et aux légumes ! Un délice.
Puis,
épuisée, je m’endors dans la belle petite chambre décorée avec beaucoup de
goût.
Au revoir, Alexandre (NDLR : futur journaliste à RandoQuad
Magazine ?),Eric et Murielle et à bientôt, on l’espère
en Haute-Savoie. Et merci pour ce bonheur. Ah, oui, pourquoi j’ai eu les
larmes aux yeux au bord de La Loire ? Parce que je ne peux plus marcher et ce que
j’ai vu, sans les quads et sans l’amour des gens, je ne l’aurai jamais
vécu."
Evelyne.
Note de la rédaction : Dans l' univers des professionnels
du quad, il existe deux catégorie de personnes, ceux qui ne pensent qu' à
s'enrichir rapidement et sans aucuns scrupules (Nous avons testés pour vous récemment
et à nos dépends) et ceux pour qui le quad est d'abord une passion que l'on
fait partager aux autres. Eric est de cette dernière catégorie.
Concerné
par le handicap et la maladie, convaincu comme nous de l'intérêt du quad comme
outil thérapeutique, Eric Duchemin à insisté pour inviter
gracieusement à
cette rando Nico, en charge de notre rubrique HandiQuad, et sa compagne Evelyne ('handiquadeurs' tous les deux). Sans rentrer dans le détail, le quad
à joué un grand rôle dans le combat d' Alexandre (le fils d' Eric), contre la maladie. La passion
du quad à été la plus forte. PS : La famille Duchemin,
vous êtes aussi invités tous les trois, en plus de la Haute-Savoie, à venir
faire une rando du coté de la rédaction...
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