Essai du 125 AEON "Cobra"

PIC00053.jpg (385094 octets) D'aspect, il est sympathique, voir superbe de profil... mais d'un tout petit gabarit, comparable à un Yamaha Breeze, à vue de nez. Il s'adresse d'ailleurs manifestement à la même clientèle, à la recherche d'un quad facile. Son point fort sur le papier est d'être accessible à toute la famille, grâce à sa transmission automatique, et aussi très facile à manier de par son poids réduit. Placé à coté d'un Kawasaki 250 KSF, il paraissait un peu plus court et plus bas de selle. A coté d'un Arctic-Cat, il est plutôt minuscule !

 

Vue du chassisMa plus grande surprise fut de découvrir une protection assez correcte du châssis constitué d'un plaque de tôle lisse ! Les boulons de fixation seront toutefois à remplacer par un modèle à tête arrondie pour ne pas accrocher... La partie avant du cadre n'étant pas protégé dessous, j'ai rajouté après la rando (pas visible sur la photo) un sabot; (découpé dans un bidon !) en plastique résistant. Je compte faire de même sous les marche-pieds car je suis resté deux fois bloqué par des souches qui "accrochent" les montants horizontaux servant de fixations inférieures aux marche-pieds. Les suspensions sont toutes réglables en pré-contrainte du ressort, mais trop raides à l'avant, même réglées au plus souple. . Compte-tenu de ses dimensions ramassées et la largeur réduite, il à tendance a se mettre sur deux roues en virages "très serrés" (guidon braqué à fond...) si vous faites "le fou", sans vous déhancher suffisamment ! Attention, en conduite normale dans les chemins, je n'ai jamais eu ce phénomène. Au contraire, j'ai fait quelques jolis virages en glisse en le brusquant d'un coup de guidon. Plus rare, sa légèreté permet de déplacer le train arrière à gauche ou à droite par un "simple" mouvement des jambes... On peut ainsi "slalomer" comme en ski avec la même technique ! La majorité de la rando ayant été parcourue à vitesse raisonnable (10 à 15 KM/H de moyenne, pauses comprises), je n'ai eu aucun soucis avec la tenue de route, même lors de trous ou bosses  abordées à allure raisonnable. A (trop) vive allure, j'ai parfois été un peu chahuté par les bosses et trous, à cause de la légèreté de l'engin; j'ai donc été incité à rouler à une vitesse plus adaptée au terrain. Le week-end dernier, avec un peu plus de générosité sur les gaz que de coutume, j'ai tout de même réussi à parcourir environ 30 km en une heure... La conduite debout, jambes légèrement fléchies, étant bien sur de mise quand le terrain était accidenté et la vitesse soutenue. Dernier point pour le châssis, des graisseurs sont disposés un peu partout pour l'entretien. 

J'aime ce pot ! :-)A  l'arrière, la couronne est bien protégée par un sabot en tube, muni d'une petite tôle soudée; par-contre le tambour ne bénéficie que d' un sabot en tube. Un "bumper" avant, doublé d'une coque en plastique dur, est boulonné sur le châssis et costaud, mais il est mal soudé d'origine (une patte à l'envers !) et de ce fait un poil de travers ! Ce bumper possède (possédait, la scie à métaux à fait son oeuvre depuis !) aussi un boucle inférieure en tube, très pratique pour déplacer le quad, mais très mal placée pour aborder les obstacles. Le Bumper protège aussi un mini-radiateur d'huile mais celui-ci est très mal placé..., le flux d'air frais étant masqué par le bumper et son sabot plastique... J'ai donc percé de nombreux trous (à la perceuse) dans ce sabot pour permettre un meilleur refroidissement du radiateur. Dans mon élan, et faute de connaître la température du moulin en fonctionnement,   j'ai monté un ventilateur (12 V, d'origine informatique, genre ventilo d'alim.) pile de la largeur du radiateur, contre celui-ci, tout en prenant l'alimentation électrique sur un connecteur inutilisé (mais piloté par le commutateur code/phare) qui "traînait" à coté.  Le phare avant d'origine, intégré à la coque, est doublé d'un phare directionnel fixé au guidon. Ce dernier phare  ayant été ajouté pour l'homologation CE. Les phares n'éclairent pas terrible... un peu comme une mobylette :-). La pose de phares additionnels est envisagée...

Le train arrière ressemble beaucoup à celui du Breeze...Les clignotants sont de type moto tout terrain et n'appellent pas de commentaires si ce n'est qu'un des câbles se balade, en pendant sous le garde-boue, et sera à fixer plus proprement avec du bon vieux ruban adhésif ! Le feu AR unique de type moto, surplombe l'indispensable support de plaque minéralogique. Vu de derrière, on découvre un superbe silencieux au look original... et raffiné, en tout cas à mon goût. Le tube d' échappement est doublé par une tôle chromée pour éviter les brûlures. Une patte métallique boulonnée (anti-vibration ?) de fixation, reliant le tube d' échappement au cadre s'est cassée durant la première rando. Elle était coudée plusieurs fois et démunie de silentbloc... Son absence ne semble pas poser de problèmes, mais je vais sûrement la remplacer par sécurité par une patte "sur-mesure" et surtout la monter sur silentbloc ! La carrosserie est munie d 'extensions d'ailes pour assurer une meilleure protection des éclaboussures, et son plastique parait d' une souplesse suffisante pour absorber les petits chocs et ensuite reprendre sa forme initiale. J'ai malgré tout réussi à fendre un tout petit morceaux d' extension d'aile en plastique assez rigide, à la fin des 90 kms de rando (mais j'avais fait joué au pauvre 125 le rôle de bulldozer à travers bois, et aussi flirté avec les poteaux d'un pont a peine aussi large que le quad !). Comme c'est situé à l'intérieur du passage de roue, c'est invisible et sans conséquence. Un autocollant sur l'aile avant gauche indique les charges maxi sur les portes-bagages... (absents de ce modèle "sport" !) soit 15 kg à l' avant et 30 Kg pour l' arrière.

En bordure de Saône...Coté opposé, un levier de vitesse à trois positions permet le passage de la marche arrière ou du neutre, et bien sur d'enclencher la marche avant. Une "grille" de sélection empêche les manipulations accidentelle du levier, et il est donc nécessaire de pousser le levier vers l' extérieur avant de le tirer en arrière ou de le pousser en avant. Le fonctionnent est simple, et pour que la vitesse s' enclenche, il faut accélérer légèrement. Avec l' habitude, cela se passe en douceur. 

On notera également la présence d'une turbine de refroidissement dit "à air forcé". Le cylindre et sa culasse sont invisibles... protégés par un "capot" métallique destiné à canaliser le flux d'air ainsi obtenu. Pour en revenir à ce fameux moteur, ( fabriqué sous licence HONDA et de type "GY-6" ), c'est un monocylindre quatre-temps horizontal souple (couple maxi à 4000 T/mn), peu puissant, et très silencieux. Son seul défaut : des vibrations à haut régime, mais la pose de "silentbloc" un peu partout (oubliés lors de la conception par le constructeur ?) résout en grande partie le problème... J'ai découvert avec surprise que malgré son variateur, le 125 disposait d'un frein moteur assez efficace...( pour une petite cylindrée ), qui agit dès la coupure des gaz et jusqu' à 10 km/h, ensuite il ne faut pas hésiter à remettre un coup de gaz, pour ré-embrayer le moteur. Le filtre à air papier est difficile d' accès et oblige à déposer entièrement la coque arrière (!) pour son démontage... Le perçage de quelques trous pour laisser passer un tournevis, et la suppression définitive de certaines vis de la partie supérieure du boîtier, ont solutionné le problème après une après midi de galère !

Pour finir passons au guidon ! Il dispose bien sur des commodos indispensables avec les commandes de clignotants, warning, phares, etc. La gâchette des gaz n'est pas assez souple (ressort à modifier ?) et finit par fatiguer le pouce dans les lignes droites... Deux rétroviseurs ( pratiques sur route ) ont étés ajoutés pour l' homologation, tout comme un compteur électronique... (d' origine vélo !). Après de multiples tentatives, et un coup de fil au service technique de l' importateur, j'ai finis par réussir à le paramétrer correctement. La platine supportant la clé de contact et les voyants habituels, dispose par contre d'origine d'une superbe jauge à essence d'une grande lisibilité. On notera une consommation d'environ 1 litre à l' heure en rando, ce qui donne une autonomie potentielle de 200 km !  Le freinage AV ou AR est assuré par les leviers droite et gauche qui actionnent les tambours par câbles. le freinage AR est performant compte tenu des vitesses atteintes. Le freinage avant utilisé seul est trop inefficace... Une pédale "de secours", peu accessible mais disposant d'un jeu complet de câbles supplémentaires,  permet un freinage intégral (couplé). 

Bords de SaôneVerdict : Pour ne pas vous allécher inutilement, si vous êtes d'un "fort beau gabarit", :-), vous risquez de vous sentir à l'étroit sur un tel engin. Sinon le 125 AEON nous à étonné, par ses capacités de franchissement, sa maniabilité et la bonne volonté de son petit moteur. Le 125 Cobra vous permettra de passer presque partout, dans les limites de ses deux roues motrices et de sa cylindrée un peu juste.  Seul sa hauteur de passage à gué ( 40 cm maxi recommandés ) vous interdira la traversée de ruisseau trop profond. ( Notons que de l'avis de certains professionnels, l'eau est l' ennemie du quad, et que les gués d' aujourd'hui seront la cause des ennuis de demain...) Avec aucun ou très peu d'élan, même les côtes les plus "sévères" sont avalées sans soucis... Contre quelques heures de bricolage (!), pour parfaire les finitions ou de petites erreurs de conception, il deviendra un compagnon de rando possible pour celui qui cherche un engin simple, léger, économique et facile à dompter :-) Enfin, certains indices font penser que le 125 AEON et le Yukon ou le Challenger (E-Ton) pourraient partager une même base : châssis ( vraisemblablement cloné sur le Breeze ! ) et aussi moteur... 

Pour la petite histoire, le 125 était systématiquement devant le 300 Arctic-Cat (!) dès que les grosses difficultés survenaient : Son poids plume, son variateur et le passage en marche arrière quasi-instantané, simplifiant les manœuvres et la conduite "trialisante", en permettant de se consacrer uniquement au choix de la trajectoire. Sa faible largeur était aussi un avantage incontestable dans les sentiers très étroits, là ou le "gros" 300 devait parfois manœuvrer pour passer... Etienne, le pilote de l'Arctic-Cat 4x4 aux 15 vitesses ( trois gammes ! ) était, à l' issue de ces premiers 90 km, convaincu de la supériorité du variateur sur la boite mécanique, pour un usage loisir / rando... L'avis d'un autre propriétaire de ce quad...

PS : Coté finition, les premiers modèles n' étaient pas terribles, mais les modèle 2003 sont nettement mieux finis. Le détail des 1000 km en 125 Cobra...

Niveau supérieur :

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